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Daniel Poincelet soigne ses pommiers ©F-Roux
> jeudi 21 mai 2015

Grande modernisation du canal de Saint-Tropez

Le Sasse s’épuisait à alimenter le canal de Ventavon Saint-Tropez. Désormais, les propriétaires de l’Asa ne prélèveront plus leur eau dans ce torrent des Alpes de Haute-Provence. Ils abandonnent aussi l’irrigation gravitaire pour un mode sous pression.

Changer de ressource et de mode d’irrigation : c’est avec ce double objectif que l’Asa du canal Ventavon Saint-Tropez (04) a lancé fin 2013 des grands travaux à Sisteron et Valernes. Ceux-ci permettront aux irrigants de passer en mode aspersion « sous pression » et de puiser leur eau dans la nappe de la Durance, et non plus dans le Sasse.

Il y avait urgence. Complètement en déficit, ce torrent ne trouvait plus dans ses eaux les 500 litres par seconde qu’avalait le vieux canal pour alimenter le réseau d’irrigation gravitaire. « En gravitaire, il faut 25 à 30 000 m3 d’eau par hectare, contre 3 à 5 000 m3 en aspersion, explique Daniel Poincelet, arboriculteur et président de l’Asa. De plus, avec un réseau sous pression, on ouvre la vanne en fonction des besoins et non pas selon un calendrier imposé. On peut varier les types d’arrosage - goutte-à-goutte, sous ou sur frondaison… Cela permet de diversifier les productions, pour aller vers des cultures plus pérennes, comme l’arboriculture. En somme, on économise l’eau, tout en maintenant et développant notre potentiel économique ! ».

Les travaux de modernisation (6,2 M€), réalisés sous maîtrise d’œuvre de l’Asa jusqu’en mars 2015, ont déjà permis de créer deux puits dans la nappe de la Durance et une station de pompage, de mettre en conformité un ancien réservoir de 40 000 m3 et de construire un adducteur principal de 8 km ainsi que la moitié des réseaux de distribution. « En outre, l'arasement du barrage sur le Sasse va libérer les sédiments en amont, ajoute Vincent de Truchis, hydraulicien et directeur de l’Asa, recharger le lit alluvionnaire en aval et permettre de rétablir la libre migration piscicole ». A l’issue de la seconde tranche de travaux (4,8 M€), en 2016, les 700 adhérents concernés bénéficieront du nouveau système.

Les aides publiques (30% Feader et 50% agence de l’eau) apportées pour rétablir l’équilibre quantitatif ont permis de sauver l’avenir du canal.

 

 

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