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La rivière La Garde
> mercredi 13 mai 2015

Comme un avant-goût de Gemapi sur La Garde (Var)

Comme très souvent avec des rivières méditerranéennes capricieuses, sur la Garde les aménagements de protection des crues ont été réalisés au coup par coup et le remède s’est avéré pire que le mal. En 2013, les collectivités du golfe de Saint-Tropez ont franchi le pas d’une reprise complète de la rivière, à l’échelle du bassin versant.

La Garde, dans le Var, ne parcourt que dix kilomètres, de sa source jusqu’à sa confluence avec la Giscle, dans le golfe de Saint-Tropez. Cette courte distance lui suffit pourtant pour faire rugir ses eaux, en cas de pluie violente. Elles gonflent sur le plateau râlent dans des gorges étroites, déboulent à 260 m3 par seconde dans la plaine pour envahir la zone d’activité du Grand Pont, le quartier romain ou les équipements sportifs de Grimaud.

« En 2009, la crue a été exceptionnelle, l’eau est montée de plus d’un mètre en deux heures, se rappelle Alain Benedetto, le maire. On a senti qu’au lieu de se répandre en chevelure, comme autrefois, l’eau était contrainte par un chenal étroit et des remblais en rive gauche. Ces aménagements, non seulement, défiguraient le cours d’eau, mais aggravaient l’inondation ».

Forts de leur pressentiment, les responsables locaux ont voulu comprendre. En 2013, la nouvelle communauté de communes du golfe de Saint-Tropez (CCGST) a lancé une très vaste étude pour connaître les détails de la dynamique de crue et rétablir le bon fonctionnement de la Garde.

L’enquête a confirmé l’effet néfaste des remblais en rive gauche : ils contraignent les eaux à inonder l’autre rive, du côté des habitations et de la zone d’activité. L’étude est allée jusqu’à estimer les dégâts occasionnés selon l’ampleur de la crue : 2 millions d’euros pour une crue décennale, 7 pour une vicennale (retour tous les 20 ans en moyenne) et 10 pour une cinquantenale. Une folie ! Puis, les experts ont proposé des solutions qu’ils ont d’office optimisées à l’échelle du bassin versant. Elles couplent des ouvrages de protection et la restauration naturelle du cours d’eau sur la base d’une analyse coût-bénéfice. Le comité de pilotage s’en est saisi et a adopté en octobre dernier un programme d’aménagement global.

« Ce travail rationalise le processus de décision pour les élus », note Benjamin Van Lunsen, responsable du service cours d’eau de la CCGST. A partir de 2017, des travaux supprimeront des remblais, rive gauche, pour rétablir des zones d’expansion des crues, recréer une zone humide et reméandrer le cours d’eau. Rive droite, une digue trop proche de la rivière sera reculée, afin de redonner de l’espace à la Garde. « Le gain ne sera pas qu’environnemental, assure Benjamin Van Lunsen. L’écoulement des crues sera amélioré, avec suppression totale des débordements dans les lieux habités pour des crues vicennales. Et on mettra hors d’eau la zone d’activité pour des crues cinquantenales ». Sur 5M€ de travaux, les 3 M€ consacrés à la restauration pourront être financés jusqu’à 80% par l’agence de l’eau.

«Ces démarches sont longues pour les élus qui doivent répondre à des concitoyens parfois impatients !, reconnaît Vincent Morisse, président de la communauté de communes.  Mais nous devons expliquer qu’un fonctionnement naturel va permettre d’organiser les débordements pour qu’ils aient moins d’impact humain et économique. Nous sommes prêts pour la Gemapi. D’autant que nous avons la même démarche pour l’ensemble des périmètres du bassin de la Giscle ».

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