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Passe à poissons à Chanas (69) - © Pleins Titres
> lundi 11 mai 2015

Une zone humide au cœur d’un projet urbain

Chanas, dans la vallée du Rhône, a transformé une peupleraie située au cœur du village en un parc public, mais avec un plus : en cas de crue du Lambroz il fait l’éponge et calme les eaux.

Aménager une aire de loisirs tout en favorisant l’expansion des crues ? C’est ce qu’a réussi à faire la commune de Chanas (38) dans le cadre d’un audacieux projet écologique, hydraulique et paysager. « Quand, en 2000, une habitante nous a fait don d’une peupleraie de 2 hectares sur la rive gauche du Lambroz, ce n’était pas évident pour nous ! », confie Jean-Louis Guerry, le maire. Avec l'accompagnement de la direction départementale des territoires (DDT) et du CAUE de l’Isère (*), la commune a pourtant utilisé ce don à travers un programme de restauration qui conjugue paysage, biodiversité et prévention des inondations. « Cinq maisons étaient régulièrement inondées et les crues menaçaient aussi la place du marché aux fruits et le stade de foot », note encore l’élu. Pour Rachel Anthoine, la paysagiste du CAUE qui a coordonné l’opération en lien avec la DDT, « il s’agissait également de valoriser un terrain dont les arbres masquaient le paysage et divisaient le village en deux ».

Après deux phases d’études réalisées sur 5 ans, le chantier a été conduit de 2008 à 2009. Le lit du Lambroz a été creusé et redessiné et deux seuils ont été modifiés pour favoriser la rétention d’eau dans la zone humide débarrassée de ses peupliers. Une moitié de ce terrain reste une « friche maîtrisée » où l’on favorise la biodiversité, tandis que l’autre est reconvertie en prairie accessible aux habitants. Là, un sentier serpente jusqu’à des tables de pique-nique. Sur l’autre rive, côté village, un nouveau local de pesée pour le marché aux fruits, des jeux pour enfants et des terrains de boules redessinent les contours de la place. Plus en amont, une passe à poissons en pierre assure la migration des espèces.

La prairie est bien investie par les habitants et le champ d’expansion, par les crues. « Cet automne, l’eau n’a inondé que le sous-sol d’une maison, se félicite Jean-Louis Guerry. La zone humide affaiblit vraiment les crues ». L’ensemble du projet, restauration de la zone humide et de la rivière comprise, s’est élevé à un peu plus de 600 000€. 

A quand une extension écologique et paysagère du champ d’expansion plus en amont sur le Lambroz ?

(*) CAUE : Conseil d'architecture, d'urbanisme et de l'environnement

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