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Pointe de la Parata - Ajaccio
> jeudi 11 décembre 2014

Le littoral corse toujours plus vulnérable

Le phénomène est particulièrement marqué sur la côte Est de l’île dans le secteur de la Marana, d’Anghione et de Ghisonaccia. Cette réalité est accréditée par diverses études. Le point sur une situation préoccupante.

La mer monte et ce problème ne cessera de croître. Le niveau marin de référence pour les plans de prévention des risques littoraux aussi. L'État, par l'intermédiaire du Centre d'études techniques et de l'équipement (Cete) Méditerranée, prend désormais 2 mètres pour valeur de référence.

Le seuil fixé s'assimile à une version provisoire des choses. On s'attend à des variations et on pose l'hypothèse de quelques dizaines de centimètres de plus dans les prochaines décennies. Le rythme est rapide : +2,60 m d'ici 2100.

Un environnement instable

Au passage, le changement climatique est confirmé. À l'échelle de l'île, la perception gouvernementale du risque met en exergue la vulnérabilité de la côte orientale. Le Bureau de recherches géologiques et minières - BRGM -, l'Office de l'environnement de la Corse, l'Agence de l'eau Rhône-Méditerranée-Corse ont d'ores et déjà pris la mesure du phénomène.

Les partenaires ont rassemblé un grand nombre de données dans une « Étude complémentaire sur l'impact des tempêtes sur le littoral de la Plaine Orientale de Corse. ». Ils ont croisé analyses statistiques et simulations numériques. Ils ont ajouté au document une « cartographie de la submersion marine, de la sensibilité côtière et des enjeux exposés ».

D'emblée un fait marquant est établi : Le littoral Est de l'île de Bastia jusqu'à Solenzara se situe en première ligne face « aux risques liés à la mer », tels qu'érosion et submersion. La nature crée la fragilité. Le tableau inclut « une plaine alluviale basse, un réseau de fleuves côtiers et d'étangs lagunaires, ainsi qu'un complexe dunaire de faible amplitude », notent les chercheurs du BRGM. Dans cet environnement, l'instabilité est, par définition, de mise.

Tout bouge, tout change, au gré des conditions météorologiques. Par ricochet, chaque événement ou presque laissera son empreinte sur le paysage aux dires des chercheurs. Les stigmates se révéleront plus ou moins durables et plus ou moins spectaculaires. Leur ampleur ne s'explique pas. « Certains événements laissent des cicatrices profondes qui vont rester visibles plusieurs années, plusieurs décennies alors que dans d'autres cas, la période estivale suffit à lisser les impacts en reconstruisant un profil de plage en engraissement », explique-t-on.

« Un système sédimentaire côtier comme celui-ci possède des sources d'apports, de pertes des sédiments, et des processus de transits sédimentaires », précise-t-on au BRGM. Au final, l'ensemble forme « un cordon littoral sableux particulièrement exposé aux phénomènes de tempête ». Et, par conséquent, les vagues et les rafales de vent auront un effet plus dévastateur qu'ailleurs.

>> Lire l'article complet sur Corse Matin.

© Photo: Graziella Giordani

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