Version imprimable Lien
gallician
> lundi 22 novembre 2021

Gard : "groupe 30 000 fermes" de Gallician : c’est parti !

« Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin » pourrait être la devise des conseillers de la Chambre d’agriculture du Gard qui accompagnent les viticulteurs dans leur transition environnementale. Dans le sud du Gard, la cave coopérative de Gallican se lance dans la démarche groupe 30 000 fermes pour conforter ses efforts vers la réduction de l’utilisation des pesticides dans les vignes, avec le soutien financier de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse.

Pour répondre à une attente citoyenne forte de voir réduire l’utilisation des pesticides, le gouvernement a lancé les plans Écophyto. L’objectif est d’engager un grand nombre d’exploitations agricoles dans la transition vers l’agroécologie en diffusant les résultats obtenus sur les différentes « fermes tests » du réseau DEPHY. La volonté est de passer du stade expérimental à une application concrète à grande échelle. Cette démarche d’accompagnement de 30 000 exploitations agricoles concerne des collectifs d’agriculteurs, dits groupes « 30 000 ». Ces groupes comportent des agriculteurs et peuvent associer des partenaires non agricoles (aval filières, collectivités, parcs, représentants de la recherche…). Des appels à projets communs sont lancés en régions pour faire émerger, reconnaître et accompagner les groupements d'intérêt économique et environnemental (GIEE) et les groupes Écophyto 30.000.

Des viticulteurs engagés à Gallician dans la démarche 30 000

A la cave coopérative Gallician Signature, cela fait longtemps que les vignerons ont intégré l’enjeu environnemental. Certains sont en bio, d’autres en HVE (Haute Valeur Environnementale). Lancer un groupe 30 000 permet d’amplifier cette dynamique environnementale en intégrant un plus grand nombre de coopérateurs. Jérémy Teissier, Président de la cave, a une vraie volonté de réduire l’utilisation des produits phytosanitaires mais pas n’importe comment. Car changer ses pratiques, cela veut dire investir dans du matériel et aussi prendre des risques quand une maladie ou un ravageur s’attaquent aux vignes. Mais à l’arrivée, il y a une réelle satisfaction. De plus, les démarches de certification sont des portes d’entrée pour les acheteurs. Précisons que la cave de Gallician, c’est 1 000 ha de vignes, une centaine de coopérateurs et une production moyenne de 70 000 hl.

La Chambre d’agriculture du Gard en appui sur le terrain.

Les conseillers accompagnent les vignerons avec non seulement une expertise technique, mais aussi un appui administratif. Pour Anne Sandré, chef du pôle viticulture de la Chambre d’agriculture: « Faire partie d’un groupe  permet de structurer la démarche, de la concrétiser, d’aller plus vite vers la réduction des phytos, notamment des désherbants, et d’avoir une meilleure visibilité. Il y a à la fois un travail collectif et une déclinaison individuelle à l’échelle de chaque exploitation. L’idée est d’animer autour de nouvelles techniques et d’évaluer l’adoption de celles-ci par des indicateurs calculés chaque année (IFT). Mais c’est aussi de créer une émulation autour d’un objectif commun. Pour l’instant, 7 vignerons sont inscrits dans le projet mais l’objectif est de former un groupe de 20 viticulteurs en 2022 ».

Avec l’appui financier de l’agence de l’eau, la Chambre d’agriculture accompagne les vignerons à l’émergence et au montage du dossier, à leur projet HVE et sur le conseil technique à la réduction des intrants.

 

Réduction des pesticides : Comment ?

Les viticulteurs et la Chambre d’agriculture vont travailler sur plusieurs leviers.

Pour réduire les herbicides, il y a le travail du sol et les couverts végétaux. Le travail du sol permet de détruire les herbes mécaniquement grâce à des outils. Les couverts végétaux « choisis », quant à eux, sont là pour empêcher des herbes « indésirables » de pousser. Beaucoup de questions se posent alors : Quels matériels choisir ? A quel moment travailler le sol ? Quel enherbement ? Naturel ou semé ? Il faut aller progressivement car les risques sont nombreux notamment que l’enherbement fasse concurrence à la vigne pendant les sécheresses estivales. C’est une question de compromis entre faisabilité technique, économique et commerciale en fonction de la production de raisins et de vins que l’on recherche.

Quant à la réduction des insecticides, elle peut se faire grâce à la confusion sexuelle. Et là encore le choix n’est ni simple ni sans risque. Le principe ? La confusion sexuelle s'effectue en utilisant des phéromones synthétiques, reproduisant le parfum hormonal des femelles, spécifique à chaque espèce. On sature ainsi un secteur en phéromones femelles, où il sera plus difficile pour les mâles de trouver les femelles pour s'accoupler. Ceci limite la production d'œufs, donc de larves qui occasionnent les dégâts. Cette technique se développe de plus en plus en viticulture et en arboriculture.