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> jeudi 12 août 2021

Métropole de Lyon : la désimperméabilisation s’impose dans les chantiers

L’époque du tout minéral en ville est révolue. La Métropole de Lyon injecte davantage de nature dans ses projets d’urbanisme et réorganise sa gestion des eaux pluviales dès qu’elle le peut. Objectif : favoriser l’infiltration au bénéfice de la ressource en eau, des espaces verts et de la lutte contre le réchauffement climatique.

Pour toutes les collectivités à dominante urbaine, la gestion des eaux de pluie s’impose au rang des priorités. Pionnière en la matière, la Métropole de Lyon s’est engagée dans le projet Ville perméable organisé autour de quatre axes centraux : protéger les milieux naturels et la ressource en eau ; lutter contre les îlots de chaleur ; faciliter le retour de la nature en ville ; s’adapter et réduire la vulnérabilité aux risques d’inondation.

De plus en plus de chantiers intègrent cette problématique. Par exemple dans le quartier de Lyon-Gerland, le secteur Pavillons-Fontenay est en pleine mutation et s’adapte aux nouveaux usages en accordant une grande place aux végétaux et à la désimperméabilisation des sols. "83 % des surfaces seront déconnectées du système d’assainissement, les eaux pluviales seront dirigées dans les espaces verts via la création de 7 jardins de pluie et de 2 placettes inondables, indique Étienne Duquesnoy, chef de projet Aménagement urbain à la Métropole de Lyon. L’opération va permettre la plantation de 7 446 plantes vivaces et couvre-sol et 1 068 arbustes. La présence des arbres sera également renforcée avec 37 arbres supplémentaires par rapport à l’existant afin d’apporter de la fraîcheur et de soutenir la biodiversité ».

L’agence de l’eau finance à hauteur de 185 920 euros les dispositifs d’infiltration estimés à 463 100 euros. Le projet global d’aménagement est évalué à quelques 8 millions d’euros.

Une cour de récréation transformée en îlot végétal

Au sud de la métropole, la commune de Vernaison a quant à elle décidé d’apporter de la fraîcheur et de la verdure aux écoliers du groupe scolaire Robert Baranne. "Avec des extérieurs très minéraux et arides, l’établissement était contraint, à chaque pic de chaleur, de fermer, car la température intérieure atteignait 37-38°C, explique Romain Hugenschmitt, chargé de la commande publique à la mairie. Nous avons décidé de travailler sur trois axes : la désimperméabilisation de la cour, l’isolation extérieure des combles et l’installation d’une ventilation double flux à l’intérieur". 212 arbres, 1 000 plantes grasses et quelques fraisiers ont été mis en terre en différents points de cet espace de 240 m2. Sur toute la longueur de la cour, la création de noues boisées - fossés larges et peu profonds, végétalisés - permet de récupérer les eaux pluviales de ruissellement d’une partie des toits de l’établissement et d’alimenter les plantations. Autour de ces changements, des projets pédagogiques sont proposés, notamment un panneau explicatif sur le cycle de l’eau.

Le coût de l’opération s’élève à 87 000 euros, dont 70 % financés par l’agence de l’eau.