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Mouillage des bateaux
> jeudi 13 août 2020

"Le mouillage des navires ne doit pas détruire les espèces végétales protégées"

Une nouvelle réglementation pour le mouillage des bateaux entre en vigueur en septembre. Comme l’explique le commissaire général Thierry Duchesne, adjoint du préfet maritime de la Méditerranée, il s’agit d’agir à trois niveaux : sécuriser la navigation, mieux connaître les navires entrant dans la mer territoriale et protéger l’environnement, notamment les herbiers de posidonie.

Quel est le sens de cette réglementation ?

Thierry Duchesne. Elle fixe l’organisation des mouillages des navires en Méditerranée. En raison de la croissance des activités, les usagers de la mer doivent bénéficier d’un cadre juridique clair. La Méditerranée étant classée à 85 % en aires marines protégées, cela nécessite la mise en place de règles sur les mouillages permettant à la fois la libre utilisation de l’espace maritime et la préservation de l’environnement marin. L’herbier de posidonie, notamment, est l’un des écosystèmes pivots les plus productifs au monde, aux rôles écologiques et économiques majeurs. Il est aujourd’hui fortement menacé par la pression des mouillages en mer, qui est croissante le long de notre littoral. En dix ans, le nombre de mouillages a augmenté de 450 % pour les navires entre 24 et 45 mètres. Or, les ancres de ces bateaux sont responsables de dommages physiques importants sur la posidonie. À titre d’exemple, durant les cent dernières années, les herbiers ont perdu en moyenne 10 % de leur surface dans le bassin méditerranéen.

Quels sont les sites concernés par la réglementation ?

La préfecture maritime a fixé le cadre général en juin 2019. Puis, pour les bateaux inférieurs à 45 mètres, nous avons organisé une importante phase de concertation afin de définir les zones de mouillages concernées dans chaque territoire de la mer. Des commissions locales sont en cours et déboucheront à l’automne sur une quarantaine d’arrêtés locaux spécifiant les zones autorisées au mouillage et celles qui ne le sont plus, sachant que tout le littoral méditerranéen a vocation à être couvert.

Est-ce un coup d’arrêt à la plaisance ?

Il ne s’agit pas de stopper les activités de plaisance, qui sont très importantes pour le tourisme, mais d’arrêter les dégradations massives. En ce sens, un volet important est celui de l’aménagement de zones de mouillage sur bouée. Le Rayol-Canadel, le Lavandou, Sanary-sur-Mer, la passe de Bagaud à Port-Cros se sont équipés. Un projet est en cours à La Ciotat. L’agence de l’eau est un partenaire technique et financier majeur de ces installations et c’est une excellente chose. Les plaisanciers doivent aussi être mieux sensibilisés et informés sur ce qui existe pour les aider à choisir un mouillage, par exemple avec l’application Donia.

ancrage écologique © Didier Mourgue PNPC

Un ancrage écologique

Lire le dossier complet sur Sauvons l'eau de Juillet 2020 (pages 10 et 11)

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