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Epandages de boues liquides avec une tonne à lisier
> vendredi 15 novembre 2019

Les agriculteurs, maillon essentiel dans la chaîne du recyclage des déchets organiques

Les agriculteurs sont partie prenante pour relever les défis et répondre aux besoins de la société. L’épandage des déchets des stations d’épuration en est le parfait exemple. Les boues et les composts de boues sont valorisables en agriculture, mais elles impliquent aussi des contraintes pour le monde agricole. Explication avec la Mission d’Expertise et de Suivi des Epandage (MESE) en charge de ce dossier dans le Gard grâce au financement de l’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse.

L’agriculture est un maillon essentiel de l’économie circulaire. Les agriculteurs rendent service à la société en participant au recyclage des déchets organiques (composts, déchets verts, digestats, boues urbaines, etc.). L’épandage agricole s’inscrit également dans une logique d’économie des matières premières à la base de la fabrication des engrais minéraux. Il s’agit d’une filière complexe qui nécessite coordination et concertation, mission réalisée avec succès dans le Gard depuis 20 ans par la MESE dans le cadre du partenariat entre l’agence de l’eau RMC et la Chambre d’agriculture du Gard.

Le retour au sol : enjeu d’économie circulaire et de préservation des milieux

Les épandages de matières organiques ne peuvent pas avoir lieu sur toutes les cultures ni dans n’importe quelles conditions ! C’est pourquoi ces pratiques sont encadrées par une réglementation stricte et suivies attentivement par la MESE : des critères de qualité et d’innocuité, ainsi que des bonnes pratiques agricoles doivent être respectés. A titre d’exemple, les boues urbaines font partie des déchets les plus analysés et les plus encadrés. La réglementation française interdit l’épandage de ce déchet sans avoir réalisé une étude préalable à l’épandage, validée par l’administration. Au-delà des aspects réglementaires, la MESE veille à un retour au sol de qualité, au travers des avis qu’elle rend sur les études d’épandage et de son expertise agronomique.

L’épandage agricole des boues et des composts de boues de stations d’épuration représente la filière principale de valorisation de ces déchets en région Occitanie. Grâce à l’eau, aux éléments fertilisants (notamment azote et phosphore) et à la matière organique qu’elles contiennent, les boues urbaines présentent un intérêt agronomique pour les cultures et les sols. Les agriculteurs donnent ainsi un débouché valorisant les effluents des villes.

Depuis quelques années, le retour au sol de la matière organique prend de l’ampleur avec de nouveaux produits utilisables par les agriculteurs pour venir amender et fertiliser les sols (composts et co-composts, digestats, eaux usées traitées REUT, etc). Dans le contexte d’évolutions agronomiques et réglementaires, le travail des MESE aux côtés de ses partenaires est de progresser vers une gestion efficiente de la filière tout en préservant les sols, les cultures et l’environnement.

Retour sur 20 ans d’activités de la MESE du Gard

Depuis 1998 grâce au soutien constant de l’agence de l’eau, la MESE du Gard a expertisé plus de 70 plans d’épandage de boues de stations d’épuration dans le département, en examinant les aspects agronomiques, techniques et règlementaires de chaque dossier. Les stations d’épuration ayant fait le choix de ce type de valorisation sont très diverses, que ce soit d’un point de vue de la taille (capacités épuratoires allant de 100 à 40 000 équivalent-habitant) ou du type de traitement (boues activées, lagunage, filtres plantés de roseaux). Chaque année, la MESE suit les épandages d’environ 25 stations d’épuration : environ 45 agriculteurs reçoivent des boues ou composts de boues urbaines, représentant entre 600 et 700 ha. Elle expertise également les dossiers de suivis agronomiques annuels d’une vingtaine de caves vinicoles, de deux distilleries et d’une conserverie. Avec le suivi des épandages depuis de nombreuses années, la MESE a compilé un grand nombre de données sur les producteurs de boues et effluents, les caractéristiques des matières organiques et les cultures épandues, lui conférant une connaissance fine de la filière épandage à l’échelle du département.

Etant la plus ancienne Mission d’Expertise et de Suivi des Epandages de la région Occitanie, la MESE du Gard a naturellement pris part au réseau régional aux côtés des départements de l’Aude, de Lozère, des Pyrénées-Orientales et de l’Hérault en 2015. En faisant confiance au réseau, l’agence de l’eau a contribué à la création de ce partenariat fort. Impulsé par la dynamique du réseau, les MESE ont su faire évoluer leurs missions dans le but de renforcer l’expertise et de créer des outils communs performants.

Après quatre années de travail en commun, la publication de 19 documents techniques et pédagogiques à l’attention des acteurs de la filière, et l’organisation d’une journée entièrement dédiée la valorisation agricole des boues urbaines en 2019, la dynamique du réseau se poursuit dans le but de renforcer l’expertise et de créer des outils communs performants.

 

La MESE : quesaco ?

La Mission d’Expertise et de Suivi des Epandages (MESE) du Gard, financée par l’agence de l’eau RMC, est l’interface privilégiée entre les services Police de l’Eau, les collectivités et les bureaux d’études depuis 1998.

Dans le bassin Rhône-Méditerranée, elle tient, au côté des autres MESE, un rôle d’organisme indépendant garantissant la sécurité de la filière épandage. Au sein de la Chambre d’agriculture du Gard, sa fonction première est d’apprécier la pertinence agronomique des épandages de boues urbaines sur sol agricole, conformes à la réglementation et qui préservent les intérêts de l’agriculture et de l’environnement.

Tous les déchets organiques ne font pas partie du champ d’intervention de la MESE. La mission concerne les boues et effluents urbains et industriels relevant du régime ICPE ou IOTA et faisant l’objet d’un épandage agricole, à savoir les boues urbaines (station d’épuration, lagune, plateforme de compostage…) et les boues et effluents organiques issus d’industries agroalimentaires (fromageries, conserveries, caves, distilleries, etc.).

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