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Opération Gombessa
> lundi 12 août 2019

Innovation : avec l’ADN environnemental, le compte est bon

Après une première phase de test sur 10 zones différentes et des résultats probants, l’université de Montpellier poursuit ses expérimentations autour de l’ADN environnemental. L’été sera consacré à une vaste campagne d’évaluation de la biodiversité marine. Nom de code : Gombessa.

L’université de Montpellier conduit cet été une campagne inédite d’évaluation de la biodiversité marine entre Marseille et Nice. Inédite, car basée sur les techniques d’ADN environnemental, consistant à prélever les traces d’ADN que tous les organismes vivants laissent dans leur environnement. "La manœuvre est assez simple, indique David Mouillot, professeur à l’université. On filtre l’eau prélevée, on séquence les fragments d’ADN récupérés et on les compare à une base de référence afin de savoir à quelle espèce l’ADN se rapporte".

Avantage principal : un inventaire exhaustif, y compris des espèces que l’on ne voit jamais en plongée ou que l’on ne détecte pas aux hydrophones. Les petits gobies ou les méfiantes murènes ne passent plus au travers des mailles du filet. "La technique permet en outre de descendre à de grandes profondeurs, au-delà de 150 mètres, poursuit le professeur. Elle repère très en amont les espèces invasives et coûte bien moins cher".

Baptisée Gombessa, l’opération vise à étudier l’hypothèse selon laquelle, face au changement climatique et à la pression des hommes, les poissons trouveraient refuge en profondeur et plus précisément dans la couche mésophotique comprise entre 50 et 150 mètres.

En savoir plus sur la "couche mésophotique" : dans les 3 000 premiers mètres de l'océan, chaque zone est définie par des communautés biologiques vivant à différentes profondeurs. Dans l'ordre : la zone altiphotique de 0 à 50 m, la zone mésophotique de 50 à 150 m, la zone rariphotique de 150 à 300 m et la zone bathyale de 300 à 3 000 m. Les écosystèmes se trouvant en dessous de la zone mésophotique sont aujourd’hui moins étudiés.