Version imprimable Lien
Crédit : HEMIS C-Moirenc
> vendredi 10 août 2018

"Je ne connais pas un territoire où la question de l’adaptation ne se pose pas ! "

Stéphane Simonet, fondateur et directeur du cabinet de conseil Acterra, spécialisé dans l'adaptation au changement climatique estime que les impacts du réchauffement commencent à être bien cernés en France, mais pas toujours anticipés. Son mot d’ordre : adaptation dynamique.

Quel est votre discours sur le changement climatique ?

Premier élément : nous y sommes ! Le réchauffement n’est plus une vue de l’esprit ; c’est une réalité concrète. Il convient donc, un peu partout en France et dans le monde, de s’adapter. Parfois, le caractère non stabilisé et aléatoire du changement climatique est utilisé comme un prétexte à l’inaction, c’est une erreur. Je ne connais pas un territoire où la question de l’adaptation ne se pose pas. Agir est impératif ; cela permettra en outre aux collectivités de réaliser des économies, car il coûte souvent moins cher d’intervenir aujourd’hui. Il ne s’agit pas de créer de l’angoisse, mais de pointer les risques, réels et importants. Nous devons changer de paradigme et entrevoir les opportunités que l’adaptation au changement climatique peut faire naître. Des innovations vont émerger, des solidarités vont se mettre en œuvre, des vieux problèmes de l’eau restés en statu quo pourraient trouver des solutions… Les défis sont immenses, mais les exemples d’action, nombreux et encourageants.

Quels sont-ils ?

Nous travaillons sur ce que l’on appelle l’adaptation progressive et dynamique. Il convient en effet de considérer qu’une seule stratégie optimale est impossible compte tenu des incertitudes sur les évolutions du climat. La solution est dans la mise en œuvre d'un portefeuille d'actions déployables et adaptables en fonction des niveaux anticipés de changements climatiques. Nous travaillons actuellement avec l'Ademe sur un outil permettant d'opérationnaliser cette approche et de construire des trajectoires d'adaptation. Il s'agit aussi d'intégrer l'adaptation en amont des démarches de planification et de gestion de l'eau, notamment les Sage. C'est ce que nous avons fait en 2017 pour le compte de l'Etablissement Public Loire à l'échelle de 9 Sage pilotes du bassin Loire-Bretagne. Au niveau des usages, la sensibilisation des acteurs à l'urgence d'adopter des pratiques et modèles climato-compatibles est croissante. Par exemple, le Parc naturel du Vercors a engagé une démarche visant à se préparer à des futurs "sans neige".

Mots-clés : ACTERRA