Version imprimable Lien
Michel Dantin
> vendredi 13 avril 2018

[Interview] "Les retenues collinaires agricoles sont des solutions efficaces"

Tandis que la région du Bourget et de l’Épine connaît des pics de sécheresse de plus en plus fréquents, l’enjeu consiste à sécuriser la production agricole tout en préservant la ressource en eau. Michel Dantin, maire de Chambéry, expose les solutions possibles.

Le bassin versant du lac du Bourget connaît des soucis de sécheresse récurrents…

C’est un fait, le bassin est classé déficitaire en eau. Depuis le début des années 2000, pas moins de dix arrêtés "sécheresse" ont été comptabilisés entraînant naturellement des impacts sur le débit des sources et des niveaux d’étiage. Si on veut maintenir une agriculture de proximité locale, il faut avant tout régler le problème de l’eau. Or, nos cultures fruitières et légumières ont besoin de beaucoup d’eau à la période la plus chaude de l’année, entre fin juillet et début août. Pour assurer un débit minimum des cours d’eau, il faut donc limiter les prélèvements dans les affluents de la Leysse.

 

Quelles sont les solutions envisagées ?

La solution consiste à créer des retenues collinaires agricoles. Par exemple, une partie de la production arboricole des monts du Lyonnais tient grâce à ces réseaux de retenues collinaires. Il s’agit de bassins qui stockent l’eau de pluie et servent de ressources en cas de sécheresse. Trois projets de ce type sont en cours. Grand Chambéry boucle le budget pour caler la réalisation du premier bassin en fin d’année, soutenu par la Région et l’agence de l’eau. Cette première retenue de 12 000 m3 desservira trois exploitations agricoles qui font du maraîchage et de l'arboriculture (pommes et poires de Savoie). D’autres solutions moins onéreuses et personnalisées, comme des bassins individuels ne nécessitant pas de terrassement, seront proposées à quelques agriculteurs. Des études techniques sont en cours pour les deux autres bassins de retenue prévus en 2020 et 2021.

 

À qui vont profiter ces retenues collinaires ?

À terme, une dizaine d’exploitations de 20 hectares en moyenne pourront bénéficier de cette eau pour irriguer leurs cultures maraîchères et fruitières. Cette initiative vient bien entendu soutenir l’agriculture de proximité. Elle va permettre aussi la sauvegarde des emplois et le maintien de la biodiversité dans les cours d’eau. Nous tenons à garder une production de proximité. Le marché du samedi matin de Chambéry est un grand lieu de rendez-vous pour toute l’agglomération.

 

Mots-clés : Michel Dantin