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Barrage de Séchilienne - Isère
> mercredi 31 janvier 2018

Isère : Après 100 ans d’existence, le barrage de Séchilienne est démantelé

La FRAPNA Isère salue le démantèlement du barrage de Séchilienne, nouvelle étape dans la restauration de la Romanche et du bassin de l’Isère. Une évolution favorable à l'environnement qui mériterait d'être mise en valeur auprès du grand public par des équipements de sensibilisation sur le site.

- Communiqué de presse de la FRAPNA Isère -

Un barrage témoin de l'histoire de la vallée de la Romanche

Construit dans les années sombres du premier conflit mondial avec vocation à la production de gaz de combat, le barrage de Séchilienne et ses deux vannes secteur s’étaient insérés dans le paysage quotidien des riverains (une partie des infrastructures de la rive droite serait conservée préservant ainsi la mémoire des Hommes qui les ont réalisées).
Le détournement de la Romanche par l’usine du Péage de Vizille en 1946 avait fait perdre beaucoup de ses possibilités énergétiques à ce barrage qui alimentait depuis 1917 l’usine de Noyer Chut. Il y a quelques années la suppression de l’usine de Noyer Chut1, située dans la zone d’expropriation des ruines de Séchilienne, lui a définitivement ôté tout intérêt.

Une pièce du puzzle dans la stratégie de restauration du réseau hydrographique de notre territoire

Le démantèlement du barrage rétablit la continuité piscicole et sédimentaire de la Romanche jusqu’à la prise d’eau de la Chute de Péage de Vizille à Pierre Eybesse. Ces 3,5 km s’ajoutent sur la Romanche aux 9 km obtenus par l’arasement du seuil Tardy par le Symbhi en aval du pont de la côte de Laffrey à Vizille soit 16,5 km de Romanche reconnectée au Drac et de là, à l’Isère.

Le tout s’inscrivant dans un vaste programme de reconquête de la continuité piscicole et sédimentaire du bassin de l’Isère autour de Grenoble sur ses trois axes : Isère Drac et Romanche, initiée par le classement en liste 2 en application de l’article L 214-17 du Code de L’environnement (voir infra) :

  • Sur l’Isère l’objectif est de rétablir la continuité de la Bourne à la limite avec la Savoie y compris le bassin du Bens et du Bréda et plusieurs petits affluents de l’Isère situés sur ce tronçon ;
  • Sur le Drac entre le barrage de Notre Dame de Commiers et l’Isère ;
  • Sur la Romanche entre la plaine de Bourg d’Oisans, le bas de l’Eau d’Olle et du Vénéon et le Drac.

Quels bénéfices pour l'environnement ?

Le démantèlement du barrage permet de restaurer la continuité piscicole. Pour se maintenir, les populations de poissons doivent donc pouvoir se déplacer à travers le réseau hydrographique pour se nourrir, se reproduire, se protéger contre les prédateurs. Cette mobilité leur permet aussi d’éviter les aléas d’origine naturelle (crues, étiages) ou humaine (les pollutions avec le refuge dans un affluent épargné ou les effets du changement climatique avec l’accès aux zones d’eau profonde et fraiche à la saison chaude).
D'autre part, le rétablissement de la continuité sédimentaire évite les phénomènes d’enfoncement des lits (incision) et préserve l'aptitude des fonds à accueillir la faune propre aux sables et aux graviers de nos cours d’eau : larves d’insectes, crustacés, vers… maillons indispensables de la chaine de la vie qui participent à la décomposition des matières organiques parfois d’origine humaine et servent de nourriture aux poissons, aux oiseaux, aux chauves-souris….
 

Ce qu'il reste à faire : 

Concernant le Drac, nous touchons au but avec la toute récente remise en eau et l’achèvement des travaux de modernisation de Saut-du-Moine.

Concernant l’Isère, il reste à équiper le barrage de Beauvoir et plusieurs affluents après les travaux récents sur le Ruisset, le Furon et le canal Fure et Morge, le Fay...

Quant à la Romanche, nous attendons la mise en place d’un ouvrage de franchissement sur le barrage la prise d’eau de la Chute de Péage de Vizille à Pierre Eybesse et la suppression ou l’aménagement des 5 anciens ouvrages prises d’eau rendues inutiles par la nouvelle chute de Gavet en cours de construction par EDF et de plusieurs seuils (seuil Keller à Livet, plusieurs seuils dans Livet, barrage de l’usine des Roberts, prise d’eau de l’Usine de Rioupéroux, barrage de l’usine des Clavaux, des deux seuils intermédiaires, barrage de l’usine Pierre Eybesse),

La FRAPNA salue cette nouvelle avancée importante dans la restauration écologique de notre réseau hydrographique mais regrette que cette avancée, marquée par des réalisations tangibles et visibles du grand public, ne soient pas clairement mises en valeur par des panneaux explicatifs adaptés aux sites.

Mots-clés : FRAPNA Isère

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