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Laurie Castel, chargée de projet de la chambre d'agriculture de la Drôme
> jeudi 29 décembre 2016

Plateforme TAB : pour une approche systémique de l’agriculture bio ou alternative

A Etoile-sur-Rhône (Drôme), divers organismes travaillent depuis 30 ans à améliorer les pratiques agricoles dans une ferme expérimentale départementale de 60 ha. Depuis 2010, 20 ha y ont été ajoutés, pour créer la plateforme TAB (Techniques alternatives et bio). Son but : expérimenter des systèmes bio et peu consommateurs d’intrants avec une approche systémique.

«Nous voulons démontrer que c’est en agissant, avec des moyens simples, sur l’association et la rotation des cultures, et sur l’écosystème les environnant, que l’on peut proposer des systèmes agricoles viables, et préservant l’eau et la biodiversité », explique Laurie Castel, chargée de ce projet par la chambre d’agriculture de la Drôme, qui le pilote.

Le « système » mis en place combine des rotations de cultures, des pratiques agronomiques et des aménagements spécifiques. Ainsi, des pêchers encadrent une parcelle sur laquelle sont cultivés tour à tour du soja, du maïs, des féveroles, du colza et du blé. Le pilotage de l’irrigation se fait au plus juste, grâce à des sondes tensiométriques et à un pluviomètre.

Haies et bandes enherbées pour favoriser la biodiversité

Des bandes enherbées, intéressantes pour la biodiversité, sont laissées libres de se développer au bord des cultures. Mais les parcelles cultivées sont entretenues mécaniquement avec une herse étrille ou à la bineuse. Dans les vergers, un couvert d’achillée millefeuille en inter-rang, attractif pour les pollinisateurs, est privilégié. Plus loin, un espace en inter-culture est semé d’avoine, afin d’éviter les fuites de nitrate vers la nappe, et un autre de vesce, de moka et de sorgho, favorables à la fertilité du sol. Puis une haie vient créer une strate arborée protégeant la parcelle du vent. Ses érables champêtres, noisetiers et sureaux attirent les carabes et araignées utiles à la lutte contre les limaces, pucerons et mouches. Sur les côtés de la parcelle, le développement des haies a également été favorisé, pour le plus grand bonheur des abeilles et des oiseaux.

«C’est l’association de tout cela qui permet de mieux gérer les maladies, les ravageurs, et les adventices, commente Laurie Castel. Des expérimentations simples permettent d’évaluer le potentiel de régulation naturelle, c’est-à-dire voir ce qui est géré par la nature sans que l’on mette de produits : lorsque 8 graines de coquelicots sur 10 déposées sur un carton dans un champ de blé ont disparu en 24 h, cela indique que 80% des graines d’adventices sont potentiellement régulés par les carabes». Tous ces résultats sont suivis et analysés par les partenaires scientifiques de la plateforme (Inra, Arvalis, CTIFL, Sefra, Terres Inovia, LPO, etc). Une fois par an, une centaine d’agriculteurs et de techniciens vient observer ces expérimentations et leurs résultats, apprendre à construire un nichoir ou à gérer une culture de sauge sclarée… Cette fin 2016, ils pourront aussi avoir les premiers enseignements des choix de rotation, de règles de gestion, etc. « Nous allons pouvoir démontrer que cette approche systémique présente un intérêt pour la biodiversité, mais est aussi faisable et économiquement performante», promet Laurie Castel.

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