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marais de Chautagne
> jeudi 15 décembre 2016

La Chautagne retrouve son marais

En Chautagne, en Savoie, deux projets exceptionnels vont restaurer 160 des 2100 hectares du marais d’ici à 5 ans. Au XXe siècle, ces zones humides avaient été asséchées dans les bois ou dans les champs.

Entre le Rhône et le lac du Bourget, le marais de Chautagne - 10 000 ans d’histoire, 2100 hectares, plus grande zone humide de Savoie - regagne du terrain sur ses parcelles asséchées au XXè siècle. Tant en forêt domaniale que dans les champs, en milieu ouvert. Ainsi, à Chindrieux, 60 ha exploités en maïs de manière intensive se sont couverts d’herbes depuis un an. "Asséchée par des drains, la nappe d’eau baissait et la terre se tassait, explique Aurélie Charbonnel, coordinatrice du projet au Conservatoire d’espaces naturels de Savoie, (Cen). Avec la commune et différents acteurs, comme les agriculteurs et les pêcheurs, nous avons créé un comité technique afin de restaurer le marais".

D’ici à cinq ans, la suppression de 23 km de drains rendra à la terre son humidité. En attendant les travaux, un semis couvre le sol pour éviter les plantes invasives. Et les techniciens et scientifiques du Conservatoire d’Espace Naturel testent le colmatage d’un drain sur une dizaine de mètres. "A cet endroit, la nappe remonte déjà », se réjouit Aurélie Charbonnel. A terme, les partenaires accueilleront des projets agricoles adaptés et ouvriront les chemins aux randonneurs.
Pour Martin Pignon, de l’agence de l’eau, "cette reconquête est possible grâce à la volonté de la commune, propriétaire du terrain, qui a souhaité ne pas reconduire un bail rural. C’est une quasi-première en France, confirmée par une décision de la cour d'appel de Chambéry".


Potentiel naturel

Côté bois, l’Office national des forêts (ONF) exploitait jusqu’ici en peupleraies 760 hectares de marais asséché. "Sur les deux tiers nord, fertiles, nous allons aujourd’hui adapter la production, en redonnant de l’humidité au sol et en variant les essences", explique Aurélie Brun, chargée de projet à l’ONF.

Au sud, l’Office restaurera 100 ha de marais d’ici à 2019, en concertation avec les acteurs locaux. Les tests ont démarré en 2016 sur 24 ha (*) : contrôle du drainage grâce à un seuil-vanne qui régule le niveau de l’eau et recharge la nappe, comblement de drains pour ralentir les écoulements et limiter les moustiques, création de mares pour les amphibiens, plantation de ripisylve autour du canal de la Milloude, reboisement avec des essences autochtones -aulnes, saules, bouleaux... "L’idée, note Aurélie Brun, est vraiment de recréer de la diversité et de s’appuyer sur le potentiel naturel du territoire".

(*)budget de 300K€, dont 240 K€ de l'agence de l'eau et le Feder Pop. Même co-financement pour le budget de 290 000 € de l’opération en forêt.

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