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Julien Tuffery et Daniel Despaux
> mercredi 10 février 2016

Du biogaz dans le réseau GRDF à Perpignan

L’agglomération de Perpignan prévoit de récupérer le biogaz produit dans sa station de traitement des eaux, pour l’injecter dans le réseau de gaz. C’est économiquement rentable.

D’ici à fin 2017, la station d’épuration de Perpignan (350 000 équivalent habitants, EH) injectera dans le réseau GRDF de l’agglomération tout le biogaz produit par son digesteur. « C’était prévu quand on a construit la station, explique Jérôme Dubost,  directeur de l'environnement et de l’eau de Perpignan Méditerranée. Mais l’investissement a été progressif. Nous avons d’abord augmenté la capacité de la station. Puis nous avons construit deux bassins d’orage le long de la Têt, dont un de 13 000 m3, pour maîtriser les rejets en cas de pluie violente».

L’équipement, exploité par Veolia en DSP, se veut sobre. « Depuis 2012, nous avons diminué de 10% la consommation d’énergie, explique le directeur de la station Julien Tuffery. Nous dosons plus finement l’aération qui est très consommatrice d’énergie et nous utilisons des panneaux solaires. Notamment. »

Restait le biogaz. Seuls 40% du gaz produit par le digesteur de boues sont utilisés, pour assurer son fonctionnement. Le reste est brûlé. « Nous voulions mieux exploiter cette ressource, note Jean-François Lluch, directeur de Veolia dans les Pyrénées orientales. L‘évolution de la réglementation, qui, en juin 2014, a autorisé l’injection du biogaz dans le réseau GRDF, a donné un coup de pouce à notre projet. Nous avons même choisi d’injecter 100 % du biogaz produit. Pour cela, il nous fallait trouver une autre source d’énergie pour le digesteur.»

Une solution plus rentable et plus écologique. L’exploitant va en effet récupérer la chaleur en sortie de station grâce à des pompes. « Cependant, précise Julien Tuffery, cette chaleur ainsi produite a  une température inférieure à celle que nous utilisons actuellement. Nous allons donc recourir à une bactérie qui produit du biogaz dès 37°, et non à 55°, comme aujourd’hui ».

L’objectif, avec cet investissement de 2,7 M€ - dont 500 K€ financés par l’agence de l’eau - est de couvrir grâce à la station une partie de la consommation en gaz de l’agglomération. Avec un amortissement sur neuf ans.

Francis Clique, vice-président de Perpignan Méditerranée, replace aussi le projet dans un programme global de mise à niveau des équipements d’assainissement : « L’agglomération en a récupéré la compétence en 2001. Deux de nos stations ont été équipées de filtres à membrane. D’ici à 2017, nous allons en doter une autre d’un traitement tertiaire au biocide, très rare et performant. Et notre prochain défi concerne la mise aux normes des plus petites stations, en dessous de 1000 EH ».

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