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Aquascope - CPIE06
> mardi 13 octobre 2015

Plan de gestion de l'eau du bassin Rhône-Méditerranée : le public a donné son avis

Les 6 000 contributions issues de la consultation du public conduite sur le projet de SDAGE ont été analysées. Il revient maintenant au comité de bassin de les intégrer pour finaliser les documents.

S’intéressant à tous les domaines de la gestion de l’eau, avec des objectifs et des propositions d’actions pour agir, les projets de SDAGE et de programme de mesures 2016-2021 ont été soumis à l’avis du public de décembre 2014 à juin 2015. En parallèle à la consultation du public, s’est également tenue la consultation des assemblées du bassin Rhône Méditerranée, qui a connu une forte mobilisation avec 324 avis reçus. Le comité de bassin poursuit actuellement ses travaux pour intégrer ces avis dans les projets, le vote d’adoption des documents devant intervenir le 20 novembre prochain.

6 000 habitants du grand sud-est ont répondu à un questionnaire et plus de 23 000 ont participé aux 400 évènements, conférences, soirées débats, visites de sites, spectacles, concours photos ou vidéos…, organisés, avec le soutien de l’agence de l’eau, dans les régions du bassin par des syndicats de bassins versants, associations, collectivité, chambre d’agriculture…. 

 La nécessité d’agir est assez partagée sur tous les thèmes du SDAGE

Que ce soit pour réduire les pollutions et protéger notre santé, préserver la qualité de nos rivières et de la Méditerranée, respecter le fonctionnement naturel des cours d’eau, préserver les zones humides et la biodiversité, se préparer au changement climatique, se protéger contre les inondations, la nécessité d’agir est bien partagée (plus de 90 % des avis) mais l’appréciation du « degré » d’urgence est variable.

Constante au fil des consultations conduites sur l’eau ces dernières années, la lutte contre la pollution  arrive toujours en tête des préoccupations : la réduction des polluants industriels, urbains, des nitrates et des pesticides est urgente pour 76  % des répondants.

Autre constante, les thèmes de la biodiversité semblent, à l’inverse, moins prioritaires : pour 51 % des répondants, il est urgent d’agir pour la sauvegarde des zones humides ; pour l’aménagement ou la suppression des seuils et barrages, le score tombe à 38%. Car il persiste toujours une méconnaissance du fonctionnement des milieux aquatiques et une certaine difficulté à lier les enjeux les uns aux autres. Ainsi le lien entre qualité de l’eau dans le milieu naturel et eau potable n’est pas toujours identifié. Dans les avis libres (exprimés par 30 % des répondants), on note toutefois une prise de conscience de la plus grande place à donner aux milieux naturels (« l’eau, c’est la vie, la biodiversité est essentielle à l’homme, il faut préserver les zones humides »,…).

Un public de plus en plus sensible au changement climatique

La prise de conscience du changement climatique et de ses conséquences émerge nettement et s’exprime sous différentes formes : la résorption des fuites d’eau est plébiscitée avec 69 % de répondants pour lesquels il est urgent d’agir ; la désimperméabilisation qui permet de rafraîchir les zones urbaines, thématique récente et complexe, suscite un certain intérêt (plus que celle des économies d’eau) puisque 91 % pensent qu’il est nécessaire d’agir et plus de la moitié de façon urgente. Dans les avis libres, s’expriment également des inquiétudes quant aux phénomènes climatiques extrêmes (inondations et sécheresse)  et à la nécessité de consommer autrement afin d’éviter le gaspillage.

Une expression de fortes attentes en termes de gouvernance et d’éducation à l’environnement

De très loin, le sujet le plus abordé spontanément dans les avis libres, est la gouvernance sous ses différentes formes : au premier rang desquelles  la réglementation (application stricte de la loi, contrôles, sanction des contrevenants) ;  l’organisation de la gestion de l’eau (indépendance des gestionnaires par rapport aux intérêts privés, équité entre les contributeurs, simplification, cohérence des politiques publiques, …) ; l’éducation et l’information (éducation et sensibilisation, campagnes de communication, rendre compte des résultats,…) ; le financement (gestion efficace des ressources financières, soutien au préventif plutôt qu’au curatif, financement des initiatives écologiques,…).

La réponse du SDAGE : renforcer l’éducation et les actions de sensibilisation

A la différence de la consultation institutionnelle, la consultation du public ne contribue pas directement à la rédaction du SDAGE et du programme de mesures qui sont des documents denses et  techniques. Mais la consultation permet de constater que le public partage la nécessité d’agir sur les grands enjeux de l’eau traités par le projet de SDAGE et  exprime (spontanément) des attentes fortes vis-à-vis des pouvoirs publics.

La consultation a également montré qu’un effort d’information et de pédagogie reste à faire sur le fonctionnement des milieux aquatiques et les interactions entre leur état physique, la qualité de l’eau, l’eau potable, ainsi que sur les services qu’ils rendent. Sur ce point, ces retours du public rejoignent ceux de la consultation des assemblées sur la nécessité des actions de communication et de sensibilisation : un (nouveau) chapitre du SDAGE est dédié à ce sujet.

Le profil des répondants :

La tranche d’âge entre 36 et 60 ans est la plus représentée (42%), la tranche des moins de 25 ans ne représente que 12 % des répondants (ces tranches représentent respectivement 33 % et 30 % au niveau national) ; 50 % de femmes et 50 % d’hommes ont répondu (proches de la représentation nationale) ; 2/3 des répondants habitent une agglomération de moins de 20 000 habitants et tous les départements du bassin sont représentés.

On n’observe pas de différence significative dans les réponses selon le sexe, la catégorie socio-professionnelle ou le lieu de résidence. Par contre, il est à noter que la tranche d’âge des moins de 25 ans est la moins bien informée (jusqu’à 18 %) sur l’ensemble des thèmes (sauf les polluants) et celle qui déclare le plus avoir d’autres préoccupations (jusqu’à 7 %).

 

>> Consultation du public : les résultats complets sur le site de bassin

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