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Christiane Romanat devant le bassin de filtration.
> lundi 24 août 2015

Les transports Bailly soignent l’eau aux plantes

A partir d’un projet d’amélioration de la sécurité sur leur nouveau site, les Transports Bailly, en Isère, en sont venus à… la protection de l’environnement : ils se sont dotés de bassins de récupération et de filtration des eaux pluviales par des plantes macrophytes. Une initiative rare de la part d’une PME.

Rien ne prédisposait, en théorie, la société Bailly, implantée à Cessieu (38) à devenir un précurseur en matière de protection de l’environnement : cette PME spécialisée dans le transport routier de marchandises s’est pourtant équipée il y a un an de deux bassins : l’un de récupération et décantation des eaux de pluie, l’autre de filtration, par des plantes macrophytes, des hydrocarbures contenus dans ces eaux. Un mélange spécifique de granulats et sable retient quant à lui, les particules, tandis qu’en aval, un système d’écrêtement permet à l’eau de ne pas s’écouler trop rapidement en cas d’averse. Un type d’installation généralement créé pour des collectivités locales…

Peu après son installation dans des locaux flambants neufs, en 2010, des questions nouvelles pour cette petite entreprise se sont posées. "Un bilan santé-sécurité de la Carsat* a révélé, entre autres, la nécessité de recouvrir d’un enrobé les 3600 m2 de parking pour limiter les risques de projection de gravier, par exemple, explique Christiane Romanat, chargée de missions au sein de Bailly. Or, comme nous conduisions parallèlement un diagnostic environnement avec la CCI Nord-Isère, nous avons constaté que cette imperméabilisation du sol nécessitait de travailler sur l’évacuation des eaux de ruissellement chargées d’hydrocarbures". D’autant que celles-ci risquaient de dévaler, parfois trop brutalement, vers une zone Natura 2000 et un affluent, vers la Bourbre, une rivière soumise à des actions de lutte contre les pollutions. Un simple séparateur d’hydrocarbures aurait été inadapté à ce contexte, contrairement au système de filtration par des roseaux qui, en outre, nécessite peu d’entretien. Un atout pour une société de 18 personnes.

"Les travaux sur le parking étaient déjà un investissement lourd après celui du bâtiment, commente Christiane Romanat, mais la subvention que nous a apportée la Carsat (12 K€) nous a mis le pied à l’étrier". D’autant, que, dans la foulée, d’autres aides ont été proposées à l’entreprise : «"La CCI nous a suggéré de répondre à l’appel à projets sur les eaux pluviales de l’Agence de l’eau, poursuit-elle. Seuls, nous n’y aurions jamais pensé.  L’Agence a ainsi financé 50% du budget global, de quelque 160 K€. La CCI nous a aussi orientés vers un soutien de la Région pour des investissements dans des technologies propres et sobres".

Deux récompenses

Restait à lancer et piloter le chantier… "Je me suis rendu compte qu’il fallait faire appel à un bureau d’études spécialisé", explique cette ancienne entrepreneuse du secteur. Elle a ainsi choisi Epur nature pour la conception et Ateo pour le suivi par analyses de prélèvements. "Les premiers résultats, au bout d’un an, sont très satisfaisants". D’autant que le transporteur a reçu, cette année, deux récompenses : un trophée du développement durable de la CCI et le label « Action Bourbre responsable ». "Même si nous ne sommes qu’une petite entreprise, commente Christiane Romanat, cela nous fait plaisir de voir reconnu ce que nous apportons localement ".

*Carsat : caisse d’assurance retraite et de la santé au travail

 

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