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Le canal de Luc-sur-Orbieu
> mardi 18 août 2015

Luc-sur-Orbieu : les vignes passent au goutte-à-goutte

Dans les Corbières où le vin est l’activité numéro un, l’ASA de Luc-sur-Orbieu investit dans un système de goutte-à-goutte qui fait la chasse au gaspillage tout en bonifiant la vigne.

"Dans l’Aude, la vigne est une activité essentielle." Pas question de la mettre en péril. Viticulteur depuis des décennies à Luc-sur-Orbieu et ancien président de l’ASA de Luc-Ornaisons-Boutenac, Louis Fabre a ainsi porté l’an dernier, avec une dizaine de vignerons, une démarche de modification du système d’irrigation des parcelles, une petite révolution dans cette région où, dit-il, "la vie de nos villages est liée à l’eau". "Notre système actuel date de plus d’un siècle, explique-t-il. Réalisé pour protéger les vignes du phylloxera par submersion, il n’a jamais atteint son but mais s’appuyait sur un dispositif de nappes perchées alimentées par le canal d’irrigation en hautes eaux. Bienvenues en période d’étiage, ces nappes supposent cependant d’effectuer un arrosage par gravité. Peu économe en eau, il lessive nos sols très graveleux et en diminue la fertilité."

L’agence de l’eau, avec laquelle l’ASA entretient des relations très anciennes "nous a conseillé un autre système d’irrigation", poursuit le vigneron très engagé dans une démarche environnementale sur son exploitation mise au bio dès les années 90.  En 2014, il a ainsi proposé aux membres de l’ASA un nouveau contrat de canal incluant la mise en place d’un système d’irrigation par goutte-à-goutte : "Un investissement considérable de plusieurs millions d’euros mais pour lequel nous avons obtenu l’aide de l’agence et de l’Europe. Tous les travaux ont été votés à l’unanimité", se félicite-t-il.

Etalés sur plus de deux ans, ces derniers permettront aux parcelles d’une première tranche de bénéficier du goutte-à-goutte à la fin de l’été 2016 et à celles de la tranche 2 - dont les vignes de la famille Fabre - l’été suivant. Environ 700 hectares sont concernés. Le coût en sera répercuté sur le montant de la cotisation calculé en fonction de la surface des parcelles et du volume d’eau consommé. "Ce sera plus cher mais plus efficace". Le système est en effet économe en main-d’œuvre - plus besoin de déplacer les dispositifs d’arrosage, notamment la nuit - et en eau : il élimine l’évaporation dans ce vignoble des Corbières soumis à un vent d’Ouest très fort et très sec. Enfin, en favorisant la vie dans le sol, il bénéficie à la vigne elle-même.

En outre, l’agence de l’eau financera la distribution d’eau du canal jusqu’à la parcelle. Persuadés que "si l’agence n’était pas intervenue sur ce canal, il aurait disparu», les membres de l’ASA de Luc-sur-Orbieu s'efforcent à présent de convaincre d’autres associations similaires d’engager la même démarche, "parce qu’il faut raisonner en termes de bassin et que cela nous permet de maintenir une vie dans une zone des Corbières où la garrigue menace", assure le vigneron.

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