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Lagune de la Sarrazine
> lundi 17 août 2015

Un herbier pour booster la lagune

Des scientifiques tentent de réimplanter la Zostère marine, une prairie protégée, dans la lagune de la Sarrazine, à Villeneuve-lès-Maguelone (34), où de récents travaux l’avaient fait disparaître.

Cet automne, une équipe de SM² Solutions Marines transplantera la Zostera marina - ou Zostère marine - dans la lagune de la Sarrazine, située face à la mer, en contrebas de la cathédrale romane de Villeneuve-lès-Maguelone. "Cette plante à fleur marine a disparu, ici, il y a un an, après les travaux de construction du cordon dunaire qui jouxte la Sarrazine, explique Sven-Michel Lourié, directeur de cette société à l’initiative du projet soutenu par l’agence de l’eau. Des tonnes de vase ont en effet été déversées accidentellement en avril 2014. La lagune a alors présenté une forte turbidité et un apport massif de phosphates et de nitrates. Ce fut fatal à cette plante, juste avant la floraison et, donc, la production de graines".

Aujourd’hui, la qualité de l’eau de la lagune est redevenue favorable pour y expérimenter la réimplantation de la Zostère marine. Celle-ci rend de nombreux services : elle protège en effet les berges de l'érosion, sert aussi de nourricerie aux jeunes poissons, absorbe des nutriments, stocke du CO2 et produit de l’oxygène. Elle contribue en somme à la bonne qualité de l’eau.

Fin mai 2015, les scientifiques dotés d’autorisation ont prélevé dans l’étang de Thau des graines de Zostère, qu’ils ont mis en maturation dans une pépinière voisine de l’étang. Lorsque les plants auront atteint 5 à 6 cm, en septembre-octobre, les chercheurs les placeront dans l’étang de la Sarrazine et compareront leur transplantation avec celle de graines maturées, de graines germant après les pluies et d’épaves (issues d’échouages). Une fois la bonne méthode validée, elle pourrait être dupliquée dans d’autres lagunes, à condition que des travaux de dépollution conséquents y aient été faits auparavant. Ces réimplantations de Zostère marine donneraient un "coup de pouce" à la restauration des lagunes, en boostant la phyto-épuration de l’eau.

 

Crédit photo : Florence Roux