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> mercredi 13 août 2014

Les polluants de la mer ne viennent pas que du Rhône

Le Rhône apporte moins de nitrates et de phosphates dans la Méditerranée. Côté mercure, les études en cours tendent à minimiser son impact.

Le fleuve Rhône est le principal pourvoyeur d’eau douce et de nutriments à la Méditerranée. C’est grâce à lui que le golfe du Lion est riche en phytoplancton et poissonneux. Ces flux de nitrates et de phosphates qui arrivent à la mer sont régulièrement mesurés par les scientifiques. « Nos relevés quotidiens depuis 2005 dans les eaux de l’embouchure, à Arles, montrent que les concentrations en nutriments du fleuve restent raisonnables par rapport aux autres grands fleuves européens, explique Patrick Raimbault, chercheur de l’Institut méditerranéen d’océanologie. Les teneurs en nitrate sont stables depuis plusieurs années et celles des phosphates ont fortement diminué depuis 20 ans à la suite de l’application des réglementations très strictes sur les rejets de détergents et d’eaux usées ».

 

Une étude mercure et PCB

 

Les poissons font également l’objet d’un suivi renforcé, en particulier avec le réseau de surveillance Contamed, qui suit depuis 18 mois leur contamination, essentiellement par le mercure et les PCB. « Des espèces pêchées en zone profonde, les roussettes, par exemple, présentent un taux de mercure très important, expliqué entre autres par leur biologie, relève Marc Bouchoucha, chercheur à l’Ifremer. En revanche, les apports de matière organique ou de mercure du Rhône semblent peu les influencer contrairement aux apports d’origine atmosphérique. » Les résultats d’une deuxième étude sur les PCB - plus souvent suspectés d’être d’origine fluviale, dans le merlu sont en cours d’analyse.  « Même s’il est connu que le Rhône est une source importante de PCB retrouvés dans les poissons, les résultats préliminaires montrent des taux de PCB-153 comparables, qu’on pêche le merlu au Grau-du-Roi, à proximité de l’embouchure, ou à Port-la-Nouvelle ou Bastia, ajoute le chercheur. Il nous faut cependant approfondir l’analyse en prenant en compte des facteurs comme l’âge ou le sexe des poissons».

 

Crédit photo : Andromède Océanologie

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