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> lundi 11 août 2014

Le Bourget va marner, une chance pour les roseaux

Désormais libéré de la majeure partie de ses pollutions, le lac du Bourget va retrouver un marnage plus naturel, vital pour les roselières et toute la faune qui en dépend.

Sur les rives du lac du Bourget, le harle bièvre, le héron pourpré et les blongios nains nichent à nouveau dans les roselières que le Conservatoire des espaces naturels (CEN) de Savoie restaure depuis plus de quinze ans. Composées de phragmites et de scirpes, ces étendues de roseaux sont vitales pour les poissons et les oiseaux.

« Depuis 1950, les roselières avaient perdu la moitié de leur superficie, note André Miquet, responsable scientifique du CEN Savoie. Aujourd’hui, elles bénéficient de la nette amélioration de la qualité de l’eau et sont protégés par des piquets de l’intrusion des bateaux... Reste à redynamiser leur progression naturelle par une nouvelle régulation du lac »...

En effet, la stabilisation du niveau d’eau depuis l’aménagement du Haut-Rhône en 1980 a des impacts négatifs. D’abord, le lac ne descend plus comme auparavant en fin d’été, ce qui permettait d’exonder les sédiments et ainsi de les épurer, et de stimuler les racines des roselières. Ensuite, la faible variation du niveau de l’eau concentre l’effet de la houle : les sédiments, supports des roselières, sont exposés à plus d’érosion et les roseaux sont cisaillés par les flottants accumulés.

Pour conforter la restauration des roselières (2 M€ en 15 ans), le contrat de bassin versant du lac (2011-17) prévoit d’abaisser le niveau d’eau de 40 cm. « Pour redonner au lac un peu de sa respiration naturelle et le laisser descendre en fin d’été, explique Renaud Jalinoux, directeur du Cisalb (comité intersyndical pour l’aménagement du lac du Bourget). Mais il faut préalablement curer les ports pour garantir aux usagers des tirants d’eau suffisants».

Le curage des 23 bassins portuaires s’effectuera entre octobre 2014 et avril 2015. Sur les 37 000 m3 de sédiments à extraire, près de 35 000 m3 seront valorisés dans la réhabilitation paysagère d’une ancienne décharge, gérée par le Cisalb. Le budget des travaux est estimé à 1,7 M€ (*).

 (*) Opération financée par la Communauté d’agglomération du lac du Bourget, l’agence de l’eau et la Région.

 

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