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> jeudi 03 juillet 2014

Découvrez le guide du littoral méditerranéen: "Les dessous de la mer"

L’agence de l’eau Rhône Méditerranée Corse publie la première cartographie continue de l'écologie des fonds sous marins de la Méditerranée française sous la forme d'un guide expert "Les dessous de la mer".

Publié ce jour par l'agence de l'eau, le nouveau guide « Les dessous de la mer » cartographie tous les habitats jusqu’à 100 mètres de profondeur.

Il localise les herbiers de posidonies, les zones de sables et de roches à coralligène et la faune de poissons et de crustacés qui les peuplent. Il mesure aussi les évolutions. L’agence de l’eau l'a réalisé en partenariat avec la société Andromède Océanologie.
On y découvre, par exemple, que l’herbier de posidonie, espèce emblématique du bon état de santé de la Méditerranée et qui se développe à faible profondeur, a régressé de 13% en 90 ans sur PACA. Sur les 6500 hectares de posidonies que compte aujourd'hui le littoral de PACA, 8 % sont menacés par les constructions du littoral et près de 1% est griffé par les conduits sous-marins, l’aquaculture et les ancres des bateaux. Les pertes dans l'herbier historique culminent à 71% entre le Cap d'Antibes et le port de Nice  et 33% dans la rade de Villefranche.

 

Autre formation remarquable et superbe des fonds plus profonds, le coralligène est cartographié pour la première fois de manière aussi complète.

Il s'agit d'une formation très riche où prospère le corail rouge et des gorgones. Toute une vie s'y développe avec le mérou comme poisson emblématique. A l'échelle de la façade française de la Méditerranée, il représente moins de 2% de la zone comprise entre 30 et 100 m de profondeur. Il est à son maximum de développement dans le cap Corse, les îles du Var et de façon plus surprenante dans le golfe de Fos. Fragile et hypersensible aux raclements de la pêche, de la plaisance ou de la plongée sous-marine, ces formations vont faire l'objet à l'avenir d'actions de protection par des mesures d'organisation de ces usages.
Au total, 20% des petits fonds côtiers ont disparus sous les aménagements et les terrains gagnés sur la mer.

 

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86 M€ de fonds publics investis en 2013 pour une mer Méditerranée plus belle


L’effort des administrations publiques s'intensifie pour l'amélioration de la qualité de la mer, sous la coordination de la Direction interrégionale de la mer. Ainsi l'agence de l’eau a investi 86 M€ en 2013 en faveur de la Méditerranée pour soutenir 1 415 projets. 63 M€ sont allés aux opérations de renforcement de l'assainissement des eaux usées côtières, 5,7 M€ à la restauration écologique, 10 M€ à la fiabilisation des réseaux d’assainissement de la zone littorale et 1,8 M€ aux études. L'agence se lance dans un nouveau défi : faire mettre en place une gestion des eaux pluviales qui mette fin aux débordements des réseaux d'assainissement des eaux usées, parce qu'ils atteignent encore certaines plages les jours d’orage, les forçant à la fermeture.


La restauration écologique est devenue nécessaire dans certains sites très abimés et les techniques se perfectionnent. L’agence de l’eau a publié un guide de la restauration écologique de la Méditerranée en 16 chantiers types pour réhabiliter les sites sous-marins et côtiers dégradés et généraliser les pratiques. 
Les premiers résultats sont encourageants. Par exemple, sur la rade de Marseille, l’opération récifs PRADO a immergé depuis 2006 des récifs artificiels. Pour un coût de 8 millions d’euros et 10 années de préparation, une colonisation massive des récifs a été obtenue. De même, des habitats artificiels sous forme de cages sont installés dans les ports pour servir de "nurseries" aux très jeunes poissons. Après plusieurs mois d’expérimentation de ce projet NAPPEX, la ville de Marseillan (Hérault) est devenue la première commune du littoral à décider d'équiper tous pontons de port, soit 95 modules d’habitats artificiels.