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contrat canal crau sud alpilles
> lundi 20 janvier 2014

Crau-Sud Alpilles : Un contrat de canal pour sécuriser la ressource en eau

L'ensemble des signataires se sont retrouvés au domaine de l'étang des Aulnes, à Saint-Martin de Crau, le 16 janvier 2014. 71 associations ou institutions étaient représentées, preuve de l'importance donnée à la signature de ce contrat de canal Crau-sud Alpilles.

Un contrat qui a pour objectif, face à des problématiques aussi diverses que l'urbanisation, les changements climatiques ou la mutation de l'agriculture, de garantir la pérennité du réseau de canaux, et, ainsi, l'accès à la ressource en eau pour les agriculteurs du territoire, mais aussi pour les habitants.

 

"Notre programme d'action comprend un investissement de 9 millions d'euros, souligne Jean-Louis Plazy, le président du contrat de canal. Nous avons beaucoup à entreprendre, dans la modernisation et la gestion des canaux, dans le domaine des économies d'eau... On a de plus en plus de contraintes, on veut donc adapter les services que rendent ces canaux à ces contraintes modernes. Et en fédérant notre action, chacun ne tire pas dans son coin."

 

Sans les canaux, un désert

La condition est indispensable pour remplir les objectifs principaux de ce contrat : la sauvegarde et le bon fonctionnement de nos canaux, qui contribuent au plus haut point à l'équilibre environnemental de milliers d'hectares, des Alpilles à la Crau, grâce à l'apport de cette eau
qui descend tout droit des Alpes. 

 

"Les canaux irriguent 19 000 hectares, des Alpilles à la mer, ils arrosent 1 800 propriétés, explique Jean-Louis Plazy. Sans eux, le territoire serait un vaste désert. Ils assurent à hauteur de 70 % l'alimentation de la nappe phréatique de la Crau. Si les canaux disparaissaient, des villes comme Fos ou Istres n'auraient plus d'eau potable. On risquerait de revenir 500 ans en arrière, à l'époque où la Crau était un vaste désert caillouteux." 

 

Les enjeux sont donc essentiels, et on comprend mieux pourquoi les acteurs, après plus de trois années de concertation, sont parvenus à s'entendre. Pour eux, l'héritage d'Adam de Craponne, l'initiateur, il y a plus de 450 ans, de ce système de canaux fournissant l'eau gravitaire à l'agriculture (qui profite aujourd'hui aux producteurs de foin de Crau, d'olives, de fruits ou de légumes) ne doit pas être dillapidé.

 

Avec 300 actions ciblées pour la première phase de ce contrat de canal, qui s'achèvera en 2016, les signataires veulent agir vite. Avant de réajuster, ou redéfinir les objectifs après 2016. Pour l'heure, ils se  sont engagés à mettre en œuvre un programme d’étude et de travaux ambitieux visant à mieux gérer l’eau circulant dans les  ouvrages de transport d’eau pour l’irrigation traditionnelle gravitaire des 20 000 hectares plantés principalement en foin de Crau. Un premier programme de 3 ans permettra de définir les volumes qui pourront être économisés sur les 35 m3/s qui sont gérés par 10 associations syndicales de propriétaires de ce territoire.

 

De gauche à droite : Louis Michel, président du Syndicat mixte d'études et de gestion de la nappe phréatique de Crau, et Gaëlle Berthaud

 

Gaëlle Berthaud, directrice de la délégation PACA et Corse de l’agence de l’eau, a indiqué dans son discours que « l’enjeu à relever pour les canaux est de réaliser des économies d’eau majeures en modernisant les organes de régulation des canaux d’irrigation tout en maintenant l’irrigation gravitaire à la parcelle pour  maintenir les niveaux de la nappes soumises à de multi-usages. L’agence de l’eau attend également des collectivités bénéficiaires directes de ce système séculaire, une implication forte auprès des canaux afin de les aider dans leur évolution historique ».

 

Crédit photo : Contrat de Canal-Sud Alpilles

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