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Oxfam East Africa - Muddy Water
> mercredi 20 novembre 2013

Zimbabwe: le choléra menace à Harare où l'eau est souillée ou manquante

Harare — Le système d'adduction de la capitale zimbabwéenne Harare est dans un tel état qu'une bonne partie de l'eau --quand il y en a-- est souillée, s'alarme mardi l'ONG Human Rights Watch (HRW) qui craint une nouvelle épidémie de choléra.

"Dans de nombreux quartiers, il n'y a pas d'eau pour boire ou se laver, il y a des eaux usées dans les rues, il y a la diarrhée et la fièvre typhoïde, et la menace d'une épidémie de choléra", résume Tiseke Kasambala, le directeur pour l'Afrique australe de HRW.

"Le système d'adduction et d'assainissement de l'eau est hors service et le gouvernement ne le répare pas", accuse-t-il dans un communiqué.

De nombreux habitants de la capitale doivent faire la queue au puits, parfois cinq heures par jour, et l'eau du tiers de ces puits est souillée, note HRW.

"Parce que l'eau du robinet est sale quand nous la buvons, nous avons des douleurs abdominales et la diarrhée. Quand il y a de longues files d'attente au puits, nous finissons par la boire de toute façon, même si je sais que c'est risqué. (...) Une ou deux fois par semaine parce que nous n'avons pas le choix, mais nous finissons toujours par avoir la diarrhée", témoigne Wanda, une habitante du quartier de Mabvuku-Tafara, dans le rapport de l'ONG.

Des habitants interrogés par HRW en 2012 et 2013 parlent d'eaux usées s'écoulant jusque dans leurs maisons et dans les rues par des tuyaux percés, alors que les enfants y jouent fréquemment.

Le manque d'eau rend en outre bien des toilettes inutilisables, et les gens sont obligés de faire leurs besoins dehors, ajoute Human Rights Watch.

Les services municipaux --qui n'hésitent pas à couper l'eau aux mauvais payeurs, quel que soit le service rendu-- devraient investir dans la maintenance du réseau, mais l'argent est détourné, regrette l'organisation, qui parle de "corruption et (de) mauvaise gestion au niveau local et national".

Le Zimbabwe, qui connaît régulièrement des foyers de choléra pendant la saison des pluies, avait été frappé d'août 2008 à juillet 2009 par la pire épidémie de son histoire, qui a tué plus de 4.200 personnes sur plus de 100.000 malades.

L'étendue de cette épidémie avait déjà mis en lumière le délabrement des infrastructures. La plupart des hôpitaux publics avaient fermé alors qu'infirmières et médecins faisaient grève pour réclamer le paiement de leurs salaires, des médicaments et des équipements.

Mieux comprendre les difficultés d'accès à l'eau potable au Zimbabwe.

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