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Step Sete - Samuel Dumas
lundi 05 janvier 2026

Sète : une station d'épuration innovante à plus d'un titre !

Un nom qui en dit long pour la nouvelle station d’épuration de Sète : les Eaux blanches. Dans sa quête de pureté, outre ses résultats en matière de traitement, elle dispose d’un bassin d’orage pour stocker les volumes d’eaux usées excédentaires et incarne un modèle d’économie circulaire.

Construite sur le site de l’ancien dispositif d’épuration de Sète, la nouvelle station des Eaux blanches a requis six années de travaux complexes et une longue période préalable de diagnostic pour en définir les capacités d’épuration nécessaires. Elle traite aujourd’hui 89 % des eaux usées issues de sept communes de Sète Agglopôle Méditerranée, soit 6,5 millions de m3 traités par an, avec une capacité extensible à 190 000 équivalents-habitants pour répondre aux besoins de ce territoire accueillant une population deux fois plus nombreuse en été.

"Elle présente l’avantage de normes de rejets significativement améliorées grâce à la technologie de l’ultrafiltration membranaire, indique Jacques Delagnes, responsable de l'unité Process & Régie de Sète Agglopôle Méditerranée. L’objectif étant de mieux préserver la Méditerranée et l’étang de Thau, deux écosystèmes naturels particulièrement sensibles".

Équipée d’un bassin d’orage et d’un fonctionnement différencié qui s’adapte en cas de pluviométrie élevée, elle limite aussi les risques de débordements et optimise la qualité des rejets dans le milieu naturel : "Lorsqu’un événement pluvieux dure dans le temps, nous avons la possibilité d’inverser les rejets, en dirigeant le rejet d’eau ultra filtrée vers le canal de la Peyrade et l’excédent prétraité vers la Méditerranée avec une désinfection biocide pour garantir la qualité de l’eau de baignade. Cette gestion intelligente des débits nous aide à mieux protéger l’étang de Thau".

Un modèle vertueux d’économie circulaire et d’écologie industrielle

Située au cœur de l’écopôle Val’Thau, l’usine est en outre connectée à l’Unité de valorisation énergétique (UVE) voisine dans l’idée d’optimiser les flux d’eau, d’énergie et de matières. Elle valorise les boues issues du traitement des eaux usées pour produire 500 000 Nm³/an de biométhane, réinjecté dans le réseau GRDF, et récupère 2 800 MWh de vapeur issue de l’UVE pour sécher les boues. Dès 2025, cette vapeur permettra de chauffer le digesteur, et ainsi renforcer la performance de la méthanisation. Les boues résiduelles sont ensuite compostées et utilisées en agriculture locale, bouclant ainsi la chaîne de valorisation.
En complément, deux usages de Réutilisation des eaux usées traitées (REUT) permettront de préserver la ressource en eau potable. "Nous venons d’obtenir l’autorisation d’installer, l’année prochaine, une borne qui fournira 15 000 m3 d’eau annuels pour le lavage des voiries et nous allons fournir d’ici l’été prochain 540 000 m³/an d’eau ultra filtrée à l’industriel Saipol en substitution d’eau potable", détaille Jacques Delagnes. In fine, l’industriel pourra utiliser dans ses procédés environ les 2/3 de cette eau après un traitement complémentaire. Autres traits de caractère : une architecture contemporaine et des dispositifs limitant les nuisances visuelles, sonores et olfactives.

En chiffres

  • 64 M€ : le montant des travaux de la station, dont 10 M€ financés par l’agence de l’eau.
  • 1,62 M€ : le montant des travaux permettant le transfert des eaux traitées vers l’entreprise Saipol.
  • 350 000 € : le montant des travaux permettant une réutilisation des eaux usées traitées.

 

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