Inondations : un chantier d’envergure pour dompter la Nartuby
Soumise tour à tour à des crues dévastatrices et à des épisodes d’assec prolongés, la Nartuby fait l’objet d’un vaste programme de restauration et de protection contre les inondations. Cette opération de 36 millions d’euros vise à sécuriser Draguignan et Trans-en-Provence, tout en redonnant vie à un écosystème éprouvé.
La Nartuby, petite rivière entièrement varoise de 32 kilomètres traversant Draguignan avant de se jeter dans l’Argens, est capable de passer par tous les états. Le 15 juin 2010, lors d’un phénomène d’inondation funeste sur l’ensemble du bassin versant, son débit passe de quelques mètres cubes par seconde à 500 mètres cubes par seconde. Un peu plus de dix ans plus tard, elle se subit un assec durant deux années complètes, générant des dégâts considérables sur les milieux.
Depuis 2016, elle est donc intégrée au vaste Programme d’actions de prévention des inondations (PAPI) porté par le Syndicat mixte de l’Argens (SMA) à l’échelle du bassin versant, et aujourd’hui au cœur de travaux à grande échelle pour réduire le risque inondation sur les secteurs urbanisés de Draguignan et de Trans-en-Provence. "Si la porte d’entrée du chantier en cours est bien celle des inondations, précise Claire Scarcériaux, chargée de projet PAPI, nous en profitons pour réparer les désordres morphologiques nuisant au bon fonctionnement de cette rivière qui a été fortement artificialisée". Ainsi, la restauration des berges est pensée pour retrouver une forêt alluviale fonctionnelle, tandis que l’éradication des espèces envahissantes laisse place à une végétation sélectionnée pour sa résistance au stress hydrique et à l’arrachement lors des crues torrentielles. Quant à la restauration du lit, elle offrira à la faune aquatique la diversité d’habitats propices à son bon développement, notamment en ce qui concerne le barbeau méridional, un poisson protégé. Sans compter que les régimes d’assec devraient être réduits par un retour d’alimentation du lit vif depuis les ressources d’eau souterraine.
En raison de l’augmentation prévue du gabarit de la Nartuby, les ponts existants sur les 4 kilomètres concernés sont quant à eux adaptés et un barrage écrêteur de crue est en cours de construction à la sortie de Trans-en-Provence pour que les aménagements réalisés n’impactent pas davantage les communes de l’aval. "L’objectif est de répondre à des crues de 180 mètres cubes par seconde sans que des débordements soient constatés, conclut Claire Scarcériaux. Sachant qu’aujourd’hui les premiers débordements se produisent à 40 mètres cubes par seconde. Nous améliorons donc considérablement les choses, mais sans pouvoir garantir une protection contre toutes les gammes de crues". Un rapport risques-bénéfices-investissement mûrement réfléchi !
En chiffres
- 4 km de cours d’eau restaurés
- 11 ponts reconstruits ou modifiés
- 5 seuils supprimés
- 1 prise d’eau rétablie
- 1 barrage construit
- 150 000 m3 de matériaux déplacés, en partie réutilisés dans la construction du barrage
- 36 M€ de travaux, dont 2,6 M€ financés par l’agence de l’eau
- Septembre 2026 : livraison de l’ensemble
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