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Rencontre
Eric Servat - web
JEUDI 04 DÉCEMBRE 2025
Eric Servat
Fonction Scientifique

Eric Servat, passeur d'intelligence collective

Scientifique passionné et humaniste, Éric Servat décrit l’eau comme un lien vital entre les êtres et les territoires. Optimiste lucide face aux défis climatiques, il défend une approche fondée sur la raison, la coopération et la science. Son parcours, empreint d’émotions et d’engagement, témoigne d’une conviction : l’intelligence collective peut sauver l’eau.

Septembre 2025 : Publie aux éditions Harper Collins : Le grand défi de l’eau

Depuis juillet 2024 : Président du Comité national français du programme hydrologique intergouvernemental de l’Unesco

Depuis février 2021 : Directeur du Centre international Unesco sur l’eau - Membre élu de l’Académie des sciences et lettres de Montpellier

1957 : Naissance le 13 août à Cholet

"Je suis un optimiste, car il ne me semble pas utile d’être autre chose". Paraphrasant Winston Churchill, Eric Servat pose d’emblée son refus de tout renoncement face aux enjeux de l’eau. Cet hydrologue, scientifique reconnu à l’international, vit, depuis son enfance africaine, au contact de l’eau et en a fait le sujet de sa carrière. Sa Madeleine de Proust, qu’il décrit avec beaucoup d’empathie, n’est autre que l’odeur de la pluie qui tombait sur la latérite asséchée du Sahel de sa jeunesse : "Quand la pluie venait, c’était la fête dans tous les villages… Avec mon frère, nous prenions nos vélos pour ne pas en manquer une goutte". Plus tard, alors installé à Abidjan avec sa famille, sa participation à un programme de l’OMS visant à éradiquer l'onchocercose - une maladie rendant aveugle, transmise par des simulies dont les larves se reproduisent dans l’eau - lui offre sa première expérience de ce qu’il appelle "l’intelligence collective" et le conforte dans ses choix scientifiques : "Au sein du Centre international Unesco sur l’eau de Montpellier, nous sommes 500 chercheurs d’horizons différents à produire de la connaissance sur cette ressource inestimable. Cette interdisciplinarité me semble essentielle compte tenu des enjeux et de leurs impacts à tous les niveaux, et notamment sociétaux".
Vigilant à sortir d’un entre-soi scientifique qu’il réprouve, Eric Servat vient de publier un ouvrage – Le grand défi de l’eau – à lire comme le plaidoyer d’un hydrologue pour la raison, l’espoir et l’action. Il y raconte son parcours, son cheminement et ses espoirs. Loin de tout discours catastrophiste et culpabilisant sur l’eau, il invite à renouer avec une approche positive et constructive. Son mantra n’est autre que celui d’une intelligence collective immédiatement et significativement tournée vers la recherche de solutions. "Le rapport des êtres humains à l’eau a toujours été compliqué, soit parce que celle-ci manque, soit parce qu’elle tombe trop vite et très fort, soit parce qu’elle est de mauvaise qualité, dit-il. Mais elle nous force au dépassement, à trouver les solutions que chaque coin de la planète pourra actionner. Le premier grand défi actuel est donc de la remettre au cœur de tout, et partout. En France, nous l’avons enterrée, invisibilisée. Un changement de regard et de culture par rapport à l’eau est à accompagner massivement". Eric Servat appelle aussi à renforcer les investissements technologiques et les efforts d’innovation. "Il est parfaitement grotesque de taxer les scientifiques de technosolutionnistes, plaide-t-il. Car l’histoire de l’humanité n’est autre que celle du progrès". Pour ce scientifique vibrant,  "on ne sauvera pas l’eau sans la science, mais avec elle !".

 

Mots-clés : Eric Servat

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