Version imprimable Lien
Les vignes de Trémoine
> mercredi 03 avril 2019

Les vignerons font régner la confusion

Dans la vallée de l’Agly, à une trentaine de kilomètres de Perpignan, les 75 membres de la coopérative des Vignerons de Trémoine disent stop aux insecticides et herbicides.

Ces professionnels de la vigne souhaitent adopter des pratiques plus respectueuses de l’environnement dans le but de lutter contre la pollution de l’eau, notamment sur le captage sensible de Cassagnes. "Notre action s’inscrit dans un Projet agroenvironnemental et climatique (PAEC) que la coopérative a finalisé en janvier 2018, explique Thierry Feuerstein, président de la coopérative. C’est aussi le moment d’anticiper la fin programmée du glyphosate en trouvant des solutions raisonnées pour la culture de nos vignes".

Volontaires, ces vignerons des Pyrénées-Orientales ont notamment décidé de combattre l’eudémis, un papillon de 6 à 7 millimètres ravageur des vignes. Leur méthode ? La confusion sexuelle. Dans les parcelles situées sur les communes de Planèzes, Rasiguères, Lansac et Cassagnes, des diffuseurs sont installés ; ils libèrent durant toute la campagne végétative une phéromone qui sature l’air et perturbe la localisation des femelles par les mâles. "Nous avons d’abord testé la confusion sur 15 hectares avant de l’étendre cette année à 250 hectares, soit la moitié de nos vignes, précise le président. On envisage également à court terme de convertir en bio nos parcelles".

t feuerstein web

Autre évolution pour limiter l’usage des pesticides et herbicides, le labour mécanique entre les vignes est désormais privilégié quand le terrain le permet. La coopérative recommande aussi la plantation de haies, leur système racinaire favorisant l'infiltration de l’eau et jouant un rôle d’épurateur. In fine, si ces évolutions de pratique sont bénéfiques pour l’environnement, elles le sont aussi pour les Côtes du Roussillon, dont les quelque 18 000 hectolitres produits chaque année gagnent en qualité et en réputation.