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Crédit : F. Etchebarne
> lundi 06 août 2018

Gruissan : quand les eaux usées traitées irriguent les vignes

Parce que la ressource en eau se raréfie, le projet Irri-Alt'Eau a expérimenté, à partir de la station d’épuration du Grand Narbonne, l’acheminement des eaux usées traitées pour irriguer les vignobles en goutte-à-goutte. Des résultats encourageants qui permettent de déployer l’initiative dans la région.

La commune de Gruissan, située en bord de mer à quelques kilomètres de Narbonne, et ses hectares de vigne n’étaient jusque-là irrigués que par les eaux de pluie… lesquelles se font de plus en plus rares dans cette région méditerranéenne où l’impact du changement climatique vient renforcer le stress hydrique.

Dès 2010, un projet expérimental de réutilisation des eaux de la station d’épuration voisine comme source d’eau alternative est envisagé. Une première en France ! Grâce à un cofinancement obtenu en 2013 de la Région Occitanie, de BPI France, de l’agence de l’eau et du Grand Narbonne, pour une mise en œuvre menée par un consortium comprenant Veolia, Aquadoc, la cave coopérative de Gruissan, l’Institut national de la recherche agronomique (Inra) et le Grand Narbonne, le projet Irri-Alt’Eau, est passé de la conception à l’expérimentation.

Irrigation raisonnée et qualitative

Un prototype signé Veolia, capable de produire plusieurs qualités d’eau et de tenir compte des réglementations en matière d’irrigation des cultures, a permis d’aboutir à la maîtrise de la qualité des eaux en 2013 et 2014. L’Inra a calculé ensuite les quantités nécessaires pour répondre aux besoins d’irrigation en fonction de paramètres liés au climat, au sol, au type de cépages… Mesures des plants, évolution de croissance, qualité du fruit et des vins produits, analyse des sols et des eaux des nappes phréatiques... les études menées sur la zone de Pech Rouges, désignée comme expérimentale sur deux cépages et ses sols très différents sur 1,5 hectare, sont si concluantes que la pratique s’étendra à partir de 2020 à d’autres vignobles de Gruissan, et potentiellement à 150 hectares du territoire du Grand Narbonne si les financements suivent. "Il est nécessaire que cette pratique soit encadrée et accompagnée", explique Flor Etchebarne, coordinatrice des investigations et des essais, qui précise que l'eau usée traitée présente une valeur ajoutée par sa teneur en nutriments. Certains sels minéraux permettent en effet de réduire le recours aux fertilisants.

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