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G-Giordani
> mercredi 10 janvier 2018

Corse : quelles mesures face au manque d’eau ?

Anticiper les conséquences des dérèglements du climat et s’adapter au manque d’eau, c’est tout l’enjeu du plan d’adaptation au changement climatique. Le comité de bassin de Corse en a débattu en octobre dernier.

Suite à la COP 21, l’élaboration des plans de bassin d’adaptation au changement climatique répond à la demande de l’Etat, face à des dérèglements qui s’accentuent : un climat plus sec, un réchauffement des sols, des pluies aléatoires et des répercussions sur les quantités d’eau, la biodiversité, la santé, l’agriculture...

"Face au changement climatique, il est indispensable d’économiser l’eau et parfois de la stocker mais il faut avant tout identifier les zones d’interventions prioritaires, pour apporter des réponses graduées et à la hauteur du degré de vulnérabilité des territoires. L’enjeu est d’éviter une maladaptation aux dérèglements climatiques et de maîtriser les coûts des investissements", explique Thomas Pelte, expert en gestion quantitative et changement climatique de l’agence de l'eau.

Si le plan d’adaptation se projette dans un avenir de 30 à 50 ans, les diagnostics menés constituent une phase essentielle pour donner une réponse proportionnée sur 5 à 6 ans et élaborer une stratégie qui complètera le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux 2016-2021 (Sdage). 

Les cartes de vulnérabilité pour cibler les priorités

Les premiers niveaux d’action consistent à s’assurer que les équipements de prélèvement d’eau ne fuient pas, que l’ensemble des besoins en eau sont compatibles avec les ressources disponibles et le bon fonctionnement des milieux aquatiques et que, là où c’est nécessaire, des solutions de transfert ou de stockage d’eau sont envisagées pour alléger la pression sur les ressources déficitaires en période estivale. La Dreal, les collectivités territoriales, l’agence de l’eau et le comité de bassin de Corse ont ensemble élaboré des cartes de vulnérabilité territoriales dont l’objectif est de préciser les secteurs qui nécessitent des actions prioritaires. Sur de nombreux critères d’évaluation - température de l’air, évaporation, précipitation, débit des rivières, recharge des nappes… -  il apparaît que la Balagne (Nord-Ouest), le Cap Corse, la région de Bastia, le Centre-Est et la pointe sud sont les régions les plus vulnérables de l’île.
Le comité de bassin de Corse s’est réuni en octobre dernier pour approuver les diagnostics réalisés. Lors de ce premier semestre, les décisions stratégiques de réponses graduées devraient être adoptées.