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Le signataires du contrat de rivière
> vendredi 24 juin 2016

Saône : un contrat de rivière qui voit grand

Les 12 partenaires du contrat de rivière "Saône, corridor alluvial et territoires associés" étaient réunis le 22 juin dernier à Flammerans (21) pour la signature de ce document qui planifie 200 actions sur 3 ans. Le montant global des opérations prévues au contrat s’élève à 37,4 M€ pour préserver les ressources en eau.

Dominique Girard est intarissable sur la Saône. Cet agrégé de géographie a enrichi son savoir académique de manière pragmatique à la tête du syndicat des eaux et du comité de rivière Saône. A ce poste clé, il a été l’une des chevilles ouvrières du nouveau contrat qui vient d’être adopté. Avec en ligne de mire, la préservation des ressources en eau de la nappe alluviale. 

Ce contrat de rivière ne prend pas seulement en compte la Saône mais aussi tous les petits affluents orphelins, « des petites masses d’eau, au nombre de 68, qui échappaient jusqu’à présent à toute gestion coordonnée », précise Stéphane Claudet-Bourgeois, chef du pôle Saône à l’EPTB Saône Doubs et coordinateur du contrat de rivière. Soit 1 500 kilomètres de linéaires de cours d’eau et 5 000 km2 de superficie au total, de la source à la confluence avec le Rhône à Lyon.

Parmi les objectifs visés : la reconquête de la qualité des eaux de surface et des nappes souterraines, la restauration de l’état des cours d’eau, des milieux aquatiques et des zones humides. Pour réduire les pollutions agricoles, industrielles, domestiques, un plan d’actions va être mis en œuvre sous maîtrise d’ouvrage des chambres d’agriculture, de collectivités et d’entreprises, afin par exemple de limiter l’utilisation des nitrates et produits phytosanitaires en agriculture ou les rejets de métaux lourds et de substances dangereuses par certains industriels.

Favoriser la biodiversité

« Il faut faciliter la percolation de l’eau vers les nappes souterraines, garantir leur alimentation, et favoriser la richesse de la biodiversité », souligne Dominique Girard. Le contrat de rivière Saône met aussi l’accent sur la restauration morphologique des cours d’eau, des bras morts de la Saône, et de petits affluents qui ont été malmenés par certaines pratiques culturales anciennes.

Autre préoccupation : la restauration des zones humides. «Cela pourra passer par l’acquisition de terrains en propre par l’EPTB ou d’autres collectivités et par l’accompagnement de celles-ci pour la mise en œuvre des plans de gestion » observe Stéphane Claudet-Bourgeois. L’enjeu est notamment de maintenir ou de reconquérir les prairies humides qui ont tendance à être de plus en plus cultivées au détriment des frayères pour brochets en particulier.

Enfin, il s’agit d’assurer une certaine continuité écologique des cours d’eau, notamment dans la partie supérieure de la Saône, dans les Vosges, afin de laisser librement circuler poissons et sédiments.


Parmi les signataires du contrat : Christiane BARRET, Préfète de Région Bourgogne Franche-Comté, Bertrand ROUFFIANGE, président de l’EPTB Saône et Doubs, Monique NOVAT, directrice territoriale Rhône Saône de Voies Navigables de France, Dominique GIRARD, président du comité de rivière Saône et Laurent ROY, directeur de l’agence de l’eau.