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> MARDI 25 AOÛT 2015
Denis Ody
Fonction Responsable du pôle Océans et côtes à WWF

La protection des océans rapporte trois fois plus qu’elle ne coûte

L’organisation WWF vient de publier un rapport sur les aires marines protégées qui aborde la santé des océans comme un investissement rentable

Pourquoi un tel angle économique dans ce rapport ?

Nous parlons économie pour mieux convaincre les décideurs. Et parce que protéger l’océan découle du bon sens gestionnaire. Ainsi, il coûte très cher de réparer le littoral là où l’herbier de posidonie a disparu. Alors que cet écosystème méditerranéen, si on le préserve, rend gratuitement de multiples services. Il protège les côtes, sert de nurserie pour les poissons, capture le CO2, produit de l’oxygène. Entre autres. L’océan procure aux êtres humains « une foule » de biens et de services  écosystémiques, sans compter la pêche et les emplois. 

Qu’est-ce qu’une aire marine protégée ?

Les aires marines protégées, les AMP, sont des zones où les activités humaines sont régulées pour protéger les habitats, les espèces et les fonctions écologiques. Elles couvrent 3,4 % de la surface des océans. Cependant, certaines n’existent que sur le papier. Elles peuvent avoir une réglementation, mais pas de réelle gestion ni de contrôle. Tout dépend des Etats. La France, qui a depuis 2006 une agence des AMP, est plutôt bien placée. Plus de 23% de ses eaux sont ainsi des AMP en métropole, mais ce taux passe à 3,83% si l’on compte l’Outre-mer.

Quel est l’intérêt économique d’une AMP ?

Créer une AMP suppose essentiellement de délimiter un périmètre et d’investir dans sa gestion. Or, si entre 2015 et 2050 on réussit à passer en AMP 10 ou 30% des zones maritimes et côtières, on estime que les bénéfices seront trois fois supérieurs aux coûts. Dans les cas les plus favorables, les bénéfices nets pourraient atteindre jusqu’à 900 milliards de dollars.

La Méditerranée est-elle concernée ?

Les écosystèmes sont sous tension dans cette mer qui ne représente que 1% de la surface des océans, mais 25% du trafic maritime mondial. Les AMP ne couvrent que 1 % de la surface méditerranéenne, majoritairement au nord-ouest du bassin. Et seules 40 % d'entre elles ont un plan de gestion, alors que 80 % ne disposent pas de moyens financiers et humains suffisants. La biodiversité marine doit devenir une priorité et les AMP, enfin, un outil indispensable à la gestion durable des écosystèmes. Un outil rentable.

"Aires marines protégées : un bon investissement pour la santé des océans"

© WWF, mai 2015

 

Mots-clés : Denis Ody

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