Version imprimable Lien
Tavolara 23U9532©Louis-Marie Préau –PIM2008
> vendredi 18 avril 2014

Tavolara, une île vierge, trésor de nature

La Méditerranée recèle un trésor méconnu : 15 000 petites îles, exceptionnellement préservées. Leur richesse naturelle est incomparable, mais pour combien de temps encore ? Le conservatoire du littoral a lancé une course contre la montre pour les préserver. Exemple à Tavolara, en Sardaigne.

«C’est dans les falaises de Tavolara, au Nord-Est de la Sardaigne, que le Puffin Yelkouan vient pondre l’été», s’exclame Fabrice Bernard. Depuis qu’il est délégué Europe et international au conservatoire du littoral, il observe avec un soin protecteur ces 15 000 petites îles de la Méditerranée qui, comme Tavolara, sont des sanctuaires d’antan restés quasi intacts.  «Tous ces micro-territoires réunis constituent un territoire immense, explique-t-il, et oublié, parce qu’éloigné et souvent interdit d’accès en tant que terrains militaires». Mais l’équilibre de Tavolara et de ses semblables est plus que précaire maintenant que les plaisanciers ont commencé à affluer et que les espèces exotiques envahissantes ont fait leur apparition. Les générations futures auront-elles une chance de les connaître ?

 

C’est en 2005 que le conservatoire du littoral a lancé sa course pour leur préservation avec un « programme international pour les petites îles de Méditerranée » (PIM). Petit Unesco de la nature, il vise à amener « les pays à faire émerger des projets de protection » et à accompagner les gestionnaires. Alors que les touristes affluent de plus en plus nombreux à Tavolara et que leurs ancres commencent à mutiler l’herbier de posidonie, le conservatoire est allé chercher l’agence de l’eau, comme partenaire technique du PIM, et ils ont réalisé en 2011 une cartographie des milieux marins extrêmement fine. « Elle a révélé leur énorme richesse, mais aussi des dégâts causés par les bateaux. Or ces plantes sont vitales pour l’écosystème, car elles produisent de l’oxygène, servent de frayères et limitent l’érosion des côtes ».

  

L’agence de l’eau a eu l’idée de se servir de cette cartographie et de la relier à un système GPS puis de la proposer comme application pour smartphone et permettre aux plaisanciers d’éviter de les abîmer. Donia (lire ci-contre) est née en 2013 et a été testée  immédiatement  sur Tavolara. Elle peut maintenant être déployée dans toute la Méditerranée.

 

© Photo: Louis-Marie Préau

Mots-clés :

Lire aussi...

> LUNDI 17 JUIN 2019
Notre littoral a-t-il besoin d'agriculture ? Pourquoi ? Quel est son avenir sur les sites du Conservatoire ?