Sauvonsleau


Rencontre
Copie de I.Autissier6
> MERCREDI 09 OCTOBRE 2013
Isabelle Autissier
Fonction Navigatrice, écrivain et présidente en France du World Wide Fund for nature (WWF)

Marin… d’eau douce aussi

Isabelle Autissier déclare ne pas être "une militante de la dernière heure !"

JEUDI 18 OCTOBRE 1956

Naît à Paris. Grandit à Saint-Maur (Val-de-Marne)

Le regard clair et le ton ferme, Isabelle Autissier, navigatrice, écrivain et présidente en France du World Wide Fund for nature (WWF) est entièrement vouée à la cause de l’eau. Cette parisienne a été séduite par la voile en Bretagne, dès 6 ans. Jusqu’à choisir un « boulot de mer » : ingénieure agronome spécialisée en halieutique, soit la gestion des ressources aquatiques. « Dès 1978, quand je travaillais auprès de pêcheurs, je leur parlais de l’épuisement de ces dernières», assure-t-elle. A 31 ans, en 1991, Isabelle devenait aussi la première femme à faire le tour du monde en solitaire lors d’une course. Depuis, même lorsqu’elle est à terre, elle garde la force que lui donne l’océan : celle de se battre, contre « courants » et lobbies.

Pendant plusieurs années, naviguant et écrivant, elle a œuvré en rappelant la richesse du milieu marin. Depuis 2009, elle est passée à l’action directe, en présidant le WWF en France. Là, elle agit également pour… l’eau douce. «La préservation de la Loire, par exemple, a été l’un des premiers combat de cette organisation qui va fêter ses 40 ans, rappelle-t-elle. Mais la protection et la restauration des rivières sont encore une lutte pour le XXIe siècle ». 

Utilisant sa notoriété et son aisance médiatique –elle est aussi chroniqueuse sur France Inter-, Isabelle Autissier se fait le porte-parole du programme « Rivières sauvages » du WWF. «Une rivière entière sans aucun impact de l’activité humaine, ça n’existe plus, ne serait-ce que par le réchauffement climatique, constate-t-elle. Mais il reste quelques portions moins touchées». Elle assure qu’il faut préserver ces « bijoux de diversité », mais aussi restaurer les cours d’eau déjà affectés. « Produire de l’hydro-électricité n’est pas une mauvaise idée, admet-elle. Mais il faut le faire grâce à des barrages « transparents » : l’avenir de l’humanité est en jeu».

 

Son coup de gueule : le projet de reconstruction du barrage des Plats, sur la Semène, dans la Loire. « C’est une ânerie inutile, voulue par des élus qui réfléchissent comme au XXe siècle, lance Isabelle Autissier : on coule du béton et on ne se pose pas de questions ! »

Son coup de cœur : le projet pédagogique « Rivières vivantes » du WWF. « Là, au contraire, aux côtés des jeunes et de leurs enseignants, on voit des élus qui se mobilisent pour le trésor qu’ils ont sur leur territoire ».

Sa personnalité référente : Jean-Claude Lefeuvre, professeur émérite au Museum d’Histoire naturelle. « C’est un scientifique qui a passé sa vie à se battre pour l’eau et l’un des premiers à mettre vraiment les pieds dans le plat dans ce domaine». Il est co-auteur, rappelle-t-elle, d’un livre qu’elle considère comme fondamental :  L’eau douce en France : histoire d’un long combat (2009, Edition Milan-Terre Sauvage, 116 p).

 

Repères:

1978 : est diplômée de l’Ecole nationale supérieure d’agronomie de Rennes. Travaillera pour une organisation professionnelle de la pêche puis à l’Ifremer, à La Rochelle, ville où elle réside toujours.

1987 : fait sa première course à la voile, La Mini-Transat.

1991 : arrive 7e au BOC Challenge, où elle est la première femme à avoir fait le tour du monde en course.

2009 : Après plusieurs récits d’expéditions, elle publie son premier roman : Et seule la mer s’en souviendra (Grasset), plusieurs fois primés. La même année, elle est élue présidente du WWF en France.