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Station d'épuration du Pays Rochois ©Jean-Philippe Guerrini
> mardi 16 mai 2017

Réutilisation des eaux usées traitées : la recherche bénéficie de regards croisés

Expert dans le domaine de la réutilisation des eaux usées traitées, ou REUSE, Irstea imagine aujourd’hui des solutions techniques, économiques et opérationnelles innovantes adaptées aux spécificités des collectivités. Avec une double originalité : adopter une approche multidisciplinaire et inscrire ces projets dans le cadre plus global de l’économie circulaire.

Réutiliser les eaux usées une fois traitées apparaît aujourd’hui comme une solution prometteuse dans les régions victimes de manques d’eau chroniques. Les collectivités des bassins Rhône-Méditerranée et Corse sont aujourd’hui prêtes à investir le sujet et l’agence de l’eau consacre 7 M€, dans le cadre de son appel à projets 2016, pour financer des projets explorant de nouveaux usages et filières de traitement. Les unités MALY d’Irstea Lyon et G-EAU de Montpellier participent à plusieurs de ces projets avec l’objectif de comprendre comment développer un projet de reuse et accompagner l’évolution d’une réglementation, aujourd’hui très restrictive.

Une approche globale qui encourage les circuits courts

L’originalité de la démarche adoptée par Irstea est d’aborder ces questions dans leur globalité en intégrant les regards des économistes et des sociologues. Dans ce sens, les chercheurs Irstea élaborent, avec la Métropole de Montpellier, une méthode d’évaluation de la rentabilité économique des projets de reuse. Ils construisent aussi, avec la société du Canal de Provence et la société Ecofilae, des méthodes de concertation basées sur des outils participatifs afin de définir avec les acteurs et les citoyens le bienfondé des usages envisagés.

Une autre originalité de l’approche Irstea est d’inscrire la reuse dans un contexte plus large d’économie circulaire en cherchant à valoriser l’eau sur des circuits courts. Il s’agit alors d’adapter les filières de traitement aux usages visés. En agriculture par exemple, les nutriments présents dans les eaux usées peuvent compenser les apports d’engrais.  Ainsi des expérimentations permettant d’utiliser cette ressource pour l’irrigation de cultures arboricoles sont menées en Corse par les spécialistes d’Irstea.  Les traitements à mettre en place doivent de surcroît être adaptées aux petites collectivités, c’est-à-dire simples, robustes et d’un coût modéré. Ils doivent aussi tenir compte du caractère saisonnier de l’agriculture, une thématique également étudiée à plus grande échelle, par exemple dans le cadre du projet de Murviel-lès-Montpellier avec l’Institut montpelliérain de l'eau et de l'environnement.

Des solutions pour les pays à très fort stress hydrique

Irstea apporte également, dans le cadre du projet européen Madforwater (2016-2020) notamment, un appui technique pour adapter les méthodes de concertation au contexte Sénégalais et d’Afrique du Nord. Il s’agira aussi de faire évoluer les techniques d’irrigation et les filières de traitement, par exemple en choisissant des espèces locales, comme les oiseaux de paradis, pour l’élaboration de filtres plantés de végétaux.

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