Version imprimable Lien
La Cèze regagne du naturel et des sédiments
> mercredi 28 décembre 2016

Gard : La Cèze regagne du naturel et des sédiments

Dans le Gard, la Cèze a été restaurée près de sa confluence avec l’Auzonnet. Avec trois objectifs : doper la recharge sédimentaire, redonner du champ à la rivière et favoriser la biodiversité.

20 octobre. La Cèze (30) a essuyé quelques pluies, pas encore de crue d’automne. Ce matin-là, les partenaires du programme de restauration de la rivière se sont réunis pour la réception des travaux, à deux pas de sa confluence avec l’Auzonnet (voir photo*). Jacky Valy, président du  syndicat de bassin ABCèze du programme, maître d’ouvrage, le directeur Laury Sohier, et le chargé du projet, Anthony Laurent ont expliqué les enjeux. « Depuis les années 1950, environ 1,5 million de m3 de graviers ont été extraits de la Cèze, détaille Anthony Laurent. Le lit s’est enfoncé d’un à deux mètres, mettant en péril les usages de l’eau. Sur les berges, des protections artificielles ont aussi déréglé le fonctionnement de la rivière. Le premier enjeu de cette restauration est d’aider la Céze à éroder naturellement ses berges pour se recharger en sédiments ».

Trois sites d’intervention

Lancé en 2012, le programme d’un coût total de 325 000 € (dont environ 80% pris en charge par l’agence de l’eau) a conduit en 2016 à la réalisation de travaux sur trois sites. Sur le premier, les ouvriers ont rouvert un ancien lit de la Cèze pour favoriser les écoulements et restaurer la biodiversité. Sur le 2ème site, ils ont démantelé les protections de berges, réintroduits les matériaux extraits dans la rivière qui les a immédiatement remobilisés. Sur un 3ème site, à l’amont du pont de Rivières, un chenal de crue a été créé en rive gauche et les remblais déposés en rive droite pour réorienter le cours vers le pont dont il se détournait.

En attendant de voir, sur cinq ans, au fil des crues, l’impact de cette restauration sur la rivière, la démarche a permis un vrai partenariat. « Le travail sur le foncier, avec la chambre d’agriculture, notamment, a été capital, note Anahi Barrera, chargée d’intervention à l’agence de l’eau. Le maître d’ouvrage a couplé l’acquisition de huit hectares de berges, avec un travail avec les propriétaires dans le cadre d’une déclaration d’intérêt général ». Dominique Colin, directeur de l’agence de l’eau, salue, lui, « ce projet, remarquable techniquement et par l’animation, qui peut montrer aux habitants, notamment aux agriculteurs, l’intérêt de redonner du naturel aux rivières ».

(*) maires de Rivières et Rochegude, les communes riveraines, directeur et chargée d’intervention à l’agence de l’eau à Montpellier, représentants de la chambre d’agriculture du Gard, entreprises de BTP.

Lire aussi...

> LUNDI 06 NOVEMBRE 2017
Retour sur la journée organisée par l'ASTEE, le 26 octobre dernier.
> JEUDI 26 OCTOBRE 2017
Un état de la connaissance et des fiches pratiques ont été réalisés.
> VENDREDI 20 OCTOBRE 2017
Des chercheurs de Montpellier l’ont estimé en utilisant des données AIS (système d’identification automatique).
> MARDI 10 OCTOBRE 2017
Souvent méconnu, un adou est un petit affluent situé en lit majeur, alimenté par des résurgences de la nappe alluviale ou des sources de pied de versant.
> LUNDI 25 SEPTEMBRE 2017
Retour sur la journée du 19 septembre à Aix-en-Provence.